Full text : Oeuvres complètes

CH.  XVII.  —  DES  IMPOTS  SUB  LES  PBODUITS  NON  ACRICOLES.  227
de  bière,  et  ne  porterait  pas  sur  Ja  rente  du  j)ropriétaire.  L'argument
d  Adam  Smitli  est  un  exposé  si  bien  tracé  de  la  manière  dont  j’envisage ­
  l’impôt  sur  la  drèche,  ainsi  que  tout  autre  impôt  sur  les
produits  agricoles,  queje  ne  peux  pas  m’empècher  de  le  transcrire,
en  l’offrant  à  la  méditation  du  lecteur.  ,
«  D  ailleurs,  il  faut  toujours  que  la  rente  et  les  profits  des  terres
en  orge  se  rapprochent  de  ceux  des  autres  terres  également  fertiles
"  également  bien  cultivées.  S’ils  étaient  au-dessous,  il  y  aurait
"  bientôt  une  partie  des  terres  en  orge  qui  serait  mise  en  une  autre
"  culture;  et  s’ils  étaient  plus  forts,  plus  de  terre  serait  bientôt
employée  à  produire  de  l’orge.  Quand  le  prix  ordinaire  de  quelque
"  produit  particulier  de  la  terre  est  monté  à  ce  qu’on  peut  appeler
“  un  prix  de  monopole,  un  impôt  sur  cette  production  fait  baisser
"  nécessairement  la  rente  et  le  profit  de  la  terre  où  elle  croit*.  Si
"  ^  on  mettait  un  impôt  sur  le  produit  de  ces  vignobles  précieux,
"  dont  les  vins  sont  trop  loin  de  remplir  la  demande  effective  pour
"  que  leur  prix  ne  monte  pas  toujours  au  delà  de  la  proportion
naturelle  du  prix  des  productions  des  autres  terres  également
fertiles  et  également  bien  cultivées,  cet  impôt  aurait  nécessaire
“  ment  l'effet  de  faire  baisser  la  rente  et  le  profit  de  ces  vignobles.
Le  prix  de  ces  vins  étant  déjà  le  plus  baut  qu’on  en  puisse  retirer,
"  relativement  à  la  quantité  (¡ui  en  est  communément  envoyée  au
"  marché,  il  ne  pourrait  pas  s’élever  davantage,  à  moins  qu’on  ne
«  diminuât  cette  quantité.  Or,  on  ne  saurait  diminuer  cette  quantité
V  sans  qu’il  en  résultait  une  perte  encore  plus  grosse,  parce  que  la
•>  terre  où  ils  croissent  ne  pourrait  pas  être  consacré  à  une  autre
«  genre  de  culture  dont  le  produit  fût  de  valeur  égale.  Ainsi  tout  le
"  P«id8  de  l’impôt  porterait  sur  la  rente  et  Je  produit  du  vignoble;
»  et  à  bien  dire,  il  porterait  sur  la  rente.  Mais  le  prix  ordinaire  de
■»  I  orge  n’a  jamais  été  un  prix  de  monopole;  la  rente  et  le  profit  des
»  terres  en  orge  n’ont  jamais  été  au  delà  de  leur  proportion  naturelle
»  avec  ceux  des  autres  terres  également  fertiles  et  également  bien
"  cultivées.  Les  différents  impôts  qui  ont  été  établis  sur  la  drêcbe,
“  la  bière  et  l’ale,  nom  jamais  fail  baisser  le  prix  de  Vonje  ;  ils  n’ont

'  .l’aurais  voulu  que  le  moi  profit  eût  été  supprimé.
H  laut  que  le  docteur  Smith  croie  que  les  profits  des  fermiers  de  ces  vignobles
précieux  sont  au-dessus  du  taux  ordinaire  des  prolits.  S’ils  ne  l’étaient  pas,  ils  ne
paieraient  point  l’impôt,  a  moins  qu’il  ne  leur  fût  possible  de  le  rejeler  sur  le  proprietaire ­
  ou  sur  le  consommateur.  (^o/c  de  l'Auteur.)
            
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