Full text : Oeuvres complètes

228  PRINCIPES  DE  L’ÉCONOMIE  POLITIQUE.
»  iamais  réduit  la  rente  et  le  prolit*  des  terres  en  orge.  Le  prix  de
,  la  drêche  a  monté  certainement,  pour  le  brasseur,  en  proportion
,,  des  impôts  mis  sur  cette  denrée  ;  et  ces  impôts,  réunis  aux  droits
»  sur  la  bière  et  l’ale,  oui  constamment  fait  monter  le  prix  de  ces
»  denrées  pour  le  consommateur,  ou  bien,  ce  qui  revient  au  même,
»  ils  en  ont  fait  baisser  la  qualité.  Le  paiement  déiiuitif  de  ces  impôts
»  est  constamment  retombé  sur  le  consommateur,  et  non  sur  le
»  producteur.  »
M.  Bucbanau  fait  sur  ce  passage  les  remarques  suivantes  ;  «  Lu
..  droit  sur  ladrècbe  ne  peut  jamais  réduire  le  prix  de  l’orge;  car,
»  a  moins  qu’on  ne  put  vendre  aussi  cher  l’orge  convertie  en  drècbe
»  que  dans  son  état  naturel,  il  n’en  viendrait  pas  au  marché  la
«  quantité  nécessaire.  Il  est  donc  clair  que  le  prix  de  la  drècbe  doit
«  monter  à  proportion  du  droit  mis  dessus;  car  il  serait  impossible
»  autrement  de  fournir  à  la  demande.  Le  prix  de  1  orge  est  cepen-»
  daiit  autant  un  prix  de  monopole  que  celui  du  sucre;  ils  rap-»
  portent  l’uii  et  l’autre  une  rente  et  le  prix  courant  de  tous  les
»  deux  a  également  perdu  tout  rapport  avec  ce  qu’ils  ont  pu  coûter
»  dans  l’origine.  »
11  paraîtrait  donc  que  M.  Bucbanau  est  persuadé  qu’un  droit  sur
la  drècbe  doit  eu  élever  le  prix,  mais  qu’un  impôt  sur  l’orge  qui
sert  à  préparer  la  drècbe  ne  ferait  point  hausser  le  prix  de  l’orge;
et  par  conséquent,  que  si  la  drècbe  est  frappée  d’un  impôt,  il  sera
payé  par  le  consommateur;  si  l’orge  est  imposée,  l’impôt  eu  sera
payé  par  le  propriétaire;  car  il  éprouvera  une  diminution  dans  sa
rente.  D’après  l’opinion  de  M.  Bucbanau,  l’orge  est  donc  à  un  prix
de  monopole,  ou  au  plus  haut  prix  que  les  acheteurs  soient  disposes
à  en  donner;  mais  la  drècbe,  qui  est  préparée  avec  de  l’orge,  n’est
pas  au  prix  de  monopole,  et  par  conséquent  elle  peut  rencbéiir  à
proportion  des  impôts  dont  on  pourrait  la  Irapper.  L  opinion  de
M.  Buchanan,  sur  les  elVets  d’un  droit  sur  la  drècbe,  me  semble
être  en  contradiction  directe  avec  l’opinion  qu  il  a  émise  au  sujet
d’un  impôt  semblable,  celui  sur  le  pain.  «  Lu  droit  sur  le  pain,
»  dit-il,  sera  acquitté  eu  déliuitive,  non  par  un  surbaussement  de
»  prix,  mais  par  une  réduction  de  la  rente*.  »  Si  un  droit  sur  la
drècbe  fait  hausser  le  prix  de  la  bière,  il  laut  bien  (ju  un  droit  sui
le  pain  fasse  renchérir  le  pain.

I  ;  oyez  la  note  précédente.
»Tom.  Ill,  pag.  355.,
            
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