Full text : Oeuvres complètes

2TÜ  PRINCIPES  DE  L'ÉCONOMIE  POLITIQUE.
manière  stable,  déterminé  parle  taux  des  prolits,  est  eependant  sujet ­
  à  éprouver  des  variations  temporaires  par  d’autres  causes.  A  la
suite  de  chaque  fluctuation  dans  la  quantité  et  la  valeur  de  l’argent,
le  prix  des  denrées  doit  naturellement  varier.  11  varie  encore,  ainsi
que  nous  l’avons  déjà  fait  voir,  par  le  changement  dans  les  rapports
entre  l’offre  et  la  demande,  quoique  la  ])roduction  ne  soit  ni  plus  ni
moins  aisée.  Quand  le  prix  coui  antdes  marchandises  baisse  par  l’effet
d’un  approvisionnement  abondant,  d’une  moindre  demande  ou  d’une
hausse  dans  la  valeur  de  l’argent,  un  manufacturier  garde  en  magasin
une  quantité  extraordinaire  de  marchandises  prêtes  pour  la  vente,
plutôt  que  de  les  livrer  à  vil  prix.  Et  pour  faire  face  à  ses  engagements, ­
  pour  le  paiement  desquels  il  comptait  auparavant  sur  la  vente
de  ses  articles,  il  est  obligé  d’emprunter  à  crédit,  et  souvent  à  un
taux  d’intérêt  plus  élevé.  Cela  ,  cependant,  n’a  qu’une  courte  durée  ;
car,  ou  l’espoir  du  manufacturier  est  fondé,  et  le  prix  courant  de
ses  marchandises  montera;  ou  bien,  il  s’aperçoit  que  la  diminution
de  la  demande  est  ])ermanente,  et  alors  il  ne  cherche  plus  a  résister  à
la  direction  que  le  commerce  a  prise;  les  jmix  baissent,  et  l’argent
ainsi  que  l’intérêt  reprennent  leur  ancien  taux.  Si,  par  la  découverte
d’une  nouvelle  mine,  par  l’abus  des  banques  ou  par  toute  autre
cause,  la  quantité  de  la  monnaie  augmente  considérablement,  son  effet
définitif  est  d’élever  le  prix  des  choses  en  proportion  de  l’accroissement ­
  de  la  monnaie  ;  mais  il  y  a  probablement  toujours  un  intervalle
¡»endant  lequel  le  taux  de  l’intérêt  subit’quelque  variation.
i.e  prix  des  fonds  publics  n’est  pas  un  indice  certain  pour  estimer
le  taux  de  l’intérêt.  En  temps  de  guerre,  le  marché  est  si  surchargé
de  rentes  sur  l’État,  par  suite  des  emprunts  continuels  que  fait  le  gouvernement ­
  ,  qu’avant  que  le  prix  de  la  rente  ait  eu  le  temps  de  prendre ­
  son  juste  niveau,  une  nouvelle  opération  financière  ou  des  événements ­
  politiques  changent  toute  la  situation.  En  temps  de  paix,  au
contraire,  l’action  du  fonds  d’amortissement,  la  répugnance  qu’éprouve ­
  une  certaine  classe  de  gens  à  donner  à  leurs  fonds  un  emploi
autre  que  celui  auquel  ils  sont  habitués,  qu’ils  regardent  comme  triissûr,
  et  dans  lequel  les  dividendes  leur  sont  payés  avec  la  plus  grande
régularité;  toutes  ces  causes  font  monter  les  rentes  sur  l’État,  et
abaissent  par  conséquent  le  taux  de  l’intérêt  sur  ces  valeurs  au-dessous ­
  du  prix  courant  sur  la  place.  Il  faut  observer  encore  que  le  gouvernement ­
  paie  des  intérêts  différents,  selon  la  solidité  de  ses  rentes.
Pendant  que  le  capital  placé  dans  les  5  pour  cent  se  vend  95  1.  st.,  un
hillet  de  l’cchiquicr  de  100  liv.  vaudra  quelquefois  1001.  5  sh.,  quoi-
            
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