Full text : Oeuvres complètes

467

REPONSE  AUX  OBSERVATIONS  DE  M.  BOSANQUET.
dans  le  cas  où  le  change  avec  tons  les  pays  lui  serait  également
défavorable.  Elle  pourra  emporter  du  nord  les  lingots  qu’elle  exporte ­
  au  sud.  Elle  pourra  les  puiser  dans  les  pays  où  ils  sont  relativement ­
  abondants,  pour  les  verser  sur  les  marchés  où  ils  sont  relativement ­
  rares,  ou  qui,  pour  une  cause  spéciale,  en  fout  une  demande
importante.  Mais  il  n’en  résulte  nullement  comme  conséquence  irrélutable
  que  la  réserve  de  monnaie  doive  fléchir  au-dessous  du  niveau
naturel.  L’Espagne,  par  exemple  ,  qui  est  le  pays  importateur
des  lingots  d’Amérique,  ne  peut  jamais  avoir  un  change  défavorable
avec  les  colonies  ;  et  comme  elle  doit  répartir  les  lingots  qu  elle
reçoit  parmi  les  différentes  nations  du  globe,  elle  n’a  que  rarement ­
  un  change  favorable  avec  les  pays  qui  se  partagent  son  commerce*. ­

Appliquant  donc  ces  principes  à  l’état  de  notre  change  avec
Hambourg  en  1797  et  1798,  nous  remarquerons  que  ce  n’est  pas  sous
l’influence  de  ce  qu’on  nomme  usuellement  la  balance  du  ^commerce
qu’il  est  resté  constamment  favorable  à  l’Angleterre.  Ce  n’est  pas  non
plus  parce  que  les  commerçants  de  Hambourg  se  sont  vus  obligés
de  liquider  leurs  importations  et  de  nous  couvrir  en  lingots  d’or
tit  d’argent,  mais  bien  parce  que  la  demande  extraordinaire  qu’on  en
faisait  en  Angleterre,  rendait  l’exportation  de  l’or  aussi  avantageuse
que  celle  de  toute  autre  marchandise.  Celte  demande  procédait  de
deux  causes.  Premièrement,  de  l’exiguité  de  notre  circulation  monétaire ­
  ;  deuxièmement  de  l’argent  que  dirigeait  sur  l’Asie  la  Compagnie
des  Indes  Orientales.
ha  première  de  ces  causes  jointe  à  l’immense  quantité  de  guinées
que  des  pei*sonnes  craintives  retirèrent  alors  de  la  circulation  dans
le  but  de  thésauriser,  eut  pour  résultat,nous  l’avons  déjà  vu,  de
faire  frapper  eu  guinées  une  masse  d’or  étranger  que  l’on  peut
évaluer,  pendant  ces  quelques  années,  à  une  somme  de  ¿,200,0001.
C.e  fut  là  une  demande  sans  précédents  encore  dans  l’histoire  de
la  monnaie,  et  dont  l’importance  seule  suffit  à  expliquer  l’élévation
du  change  et  le  temps  pendant  lequel  elle  se  perpétua.  iNous  y
trouvons  la  consécration  pratique  d’une  théorie  très-satisfaisante
déjà.

*  M.  lluskisson  a  laissé  un  habile  commentaire  sur  la  rareté  (rareté  comparative) ­
  des  opérations  sur  les  lingots.  —  Il  a  remarqué  que  ces  transactions  se
réduisent  principalement  à  distribuer  les  produits  des  mines  parmi  les  différents
pays  où  l’or  et  l’argent  sont  en  usage
            
Waiting...

Note to user

Dear user,

In response to current developments in the web technology used by the Goobi viewer, the software no longer supports your browser.

Please use one of the following browsers to display this page correctly.

Thank you.