504
OEUVRES DIVERSES.
CHAPITRE V.
CONSIDÉRATIONS SUR l’aRGUMENT QEE PRESENTE M. ROSANQUET POUR
PROUVER QUE LA BANQUE d’aNGLETERRE n’a PAS LE POUVOIR DE
DONNER COURS FORCE AUX BILLETS DE BANQUE.
La quatrième proposition, celle qui s’offre actuellement à notre
discussion, porte :
« Que la Banque, pendant la reslricüon, possède exclusivement le
» privilège de limiter la circulation des bank-notes. »
Il est difficile de déterminer si même M. Bosanquet croit qu’une
circulation forcée de papier peut avoir pour résultat d’abaisser le
change , tant il met d’assurance à affirmer qu’il n’existe aucune con
nexité entre les changes et le montant des billets de ham^ue. — Si la
Banque était effectivement destinée à devenir une banque gouverne
mentale, dans le sens que M. Bosanquet attache quelque part à ce
terme; si elle avait pour mission d’avancer tous les fonds nécessaires
à l’exercice d’une année ; si de vingt millions elle portait le montant
de ses billets à cinquante millions, ne pourrait-on pas dire ajuste titre
qu elle donne un cours forcé à une monnaie de papier? Et les consé
quences de cette circulation arbitraire ne seraient-elles pas la dépré
ciation de ses billets, l’aecroissement du prix des lingots et la baisse
des changes étrangers? Ces effets ne se produiraient-ils pas alors
même que le gouvernement cautionnerait les billets de la Banque et
que personne ne douterait de leur remboursement définitif? L’abon
dance de la circulation n’entralnerait-elle pas à elle seule une dégra
dation? ou bien viendra-t-on déclarer qu’une exubérance de mon
naie de papier, quelle qu elle soit, ne peut la déprécier, tant que son
remboursement final reste certain? On soutiendra difficilement, je
pense, une proposition aussi extravagante, et l’on admettra ennsé-
quemment, que la dépréciation peut naître de l’abondance seule des
billets, quelque grands qu’on suppose les fonds de réserve de leurs
créateurs.
Comme ces symptômes, inséparables d’une circulation de papier