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exclusivement réservée au paiement des impositions, il ne subira
aucune dépréciation. » Jamais cet illustre penseur ne se serait rendu
coupable d’une proposition aussi extravagante que celle dont veut
bien lui faire honneur M. Hosanquet. Si l’on rapportait notre monnaie
de papier à la règle du docteur Smith, ainsi modifiée, il en n^ulterait
que le paiement journalier des taxes équivaut à la masse entière
des billets de banque en circulation. De cette interprétation, M. Bo
sanquet conclut, que le montant général des sommes versées à l’Échiquier,
étant de 76,805,4401., ses bank-notes ne subiront de dégi adation
qu’au moment où ils dépasseront ce total. Quel est le lecteur qui
reconnaîtra là la veritable pensée du docteur Smith?
Quand M. Hosanquet nous entretenait d’une prime réservée aux
billets de banque, je pensais qu’il entendait une prime en or ou en
argent, et j’avoue n’avoir jamais conçu autrement ce mot de prime.
Mais il paraît que M. Hosanquet voulait désigner une prime qui aurait
été accordée au détenteur de ces billets en un papier plus déprécié
encore, soit en bons de l’Échiquier, soit en mandats sur les banquiers.
Or, comme ces titres sont remboursables à une échéance
déterminée, en billets de banque, ils peuvent, en de certaines circonstances,
valoir moins que les billets, qui satisfont les besoins immédiats
et donnent ainsi naissance à l’agio indiqué. I n assignat, sous
l’escompte de 50 p. 0/0, aurait pu produire de cette manière la prime
de M. Hosanquet.
Un des arguments dont M. Hosanquet a gratifié ses lecteurs pour
prouver combien a été insignifiante l’augmentation des billets de
banque, comparativement aux transactions qu’ils doivent accomplir,
se traduit en ce que l’extension de la circulation monétaire n’a été
depuis 1793 quede 3 millions, en face d’un accroissement de plus
de 60 millions dans les paiements faits au gouvernement. Dans ce
calcul, la multiplication de la monnaie de province est complètement
omise.
Je vais essayer actuellement de démontrer que ce développement
prodigieux des taxes n’a dû avoir pour conséquence nécessaire un accroissement
correspondant dans la circulation, qu’autanique le commerce
aura reçu en même temps une nouvelle et féconde impulsion.
Quant à présent, il me suffira de remarquer que, si M. Hosanquet
s’était appliqué à comparer les tableaux de 1793 et de 1797, il y aurait
probablement trouvé des raisons pour douter de l’exactitude de
sa théorie. 11 a dû s’opérer pendant' ces quatre années de considérables
accroissements dans les taxes; nous devrions donc, d’après