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L’enseignement a pour objet les principes fondamentaux de la théorie du
tissage, la connaissance des propriétés des diverses matières textiles, les no
tions sur la composition des tissus unis ou façonnés, leur décomposition pour
la mise en cartes , la composition de dessins nouveaux, l’art d’y graduer les tons
pour toutes les variétés de tissus. Le dessin y est enseigné d’après la méthode
Dupuis, c’est-à dire en exerçant, dès le commencement, les élèves à reproduire
des objets naturels ou en relief.
L’enseignement comprend trois semestres, pendant lesquels il v a environ
trente-six heures do séance par semaine.
Chaque élève rédige un cahier dans lequel sont réunis des échantillons des
divers genres de tissus qu’il doit analyser et décomposer en calculant leurs élé
ments et en reproduisant la mise en cartes par des croquis.
La rétribution scolaire est 120 thalers (4 5o francs) pour trois semestres ;
pour le premier cours seul, elle est de 90 thalers (337 fr. 5o cent.) et, pour
le second de 60 thalers (220 francs).
En dehors des cours spéciaux les élèves sont admis à suivre gratuitement les
cours de dessin, de physique et de chimie.
L’établissement possède quarante-deux métiers : les élèves doivent y travail
ler pour s’exercer au montage et à la fabrication. Lorsqu’ils ont fait un projet
de tissu et prepare les cartons, ils doivent monter complètement, le métier et
commencer la fabrication. Les matières sont fournies par l’école, mais en gé
néral ils travaillent peu et le matériel n’est pas convenablement utilisé.
Cette école qui pourrait recevoir 1 60 élèves n’en avait guère que la moitié
cette année, savoir : au tissage 45, au dessin 25, en chimie 8, total 79.
Il y vient quelques élèves de l’étranger et meme de France.
Les laboratoires sont convenablement organisés et peuvent recevoir à la fois
de 20 à 3o élèves au moins. Ces élèves s’exercent aux analyses spéciales à leur
industrie.
La dépense annuelle de l’école s’élève à 10000 thalers (3y5oo francs)
environ, et l’excédant de la dépense sur la recette est supportée moitié par l’Etat
et moitié par la ville.
11 a été fondé en Prusse deux autres écoles analogues : l’une en 1834 à
Mülheim, pour la fabrication des tissus de coton et de laine, l’autre à Crefold,
pour celle des velours. Elles sont établies dans des conditions analogues.
Observations. —• En général, il ne nous semble pas que ces écoles se recrutent
d’une manière convenable en élèves, ni quelles utilisent le mieux possible les
moyens mis si libéralement à leur disposition. La marche suivie à Stuttgard dans
un établissement analogue nous paraît de beaucoup préférable : prendre pour