Full text: Le problème de la marine marchande

8o LE PROBLÈME DE LA MARINE MARCHANDE. 
La dépense est vraiment un jieu forte pour un navire neuf à 
son premier voyage. 
« S’il y a une navigation d’avenir et à protéger, c’est la 
navigation à vajieur. L’autre a fait son temps. 
« Sachons imiter les nations intelligentes en fait de ma 
rine, les Anglais et les Japonais; ne nous encroûtons pas 
davantage dans la navigation à voiles. 
« En passant, je dois dire (pie je suis urmateiir de ciruj 
voiliers et de (¡uatre vapeurs et gu’il m’est absolument indif 
férent de gagner des primes à l’aide de voiliers ou de va 
peurs. Si je conseille la vapeur, c’est (jue j’ai la conviction 
que là est le succès pour le présent et l’avenir. 
(( Et la loi de i8g3 a eu le tort de pousser vers la voile 
des armateurs nouveaux et, qui plus est, même des arma 
teurs qui n’étaient avant qu’armateurs de vapeurs. » 
La Lhambre de commerce de Rochefort juge avec autant 
de sévérité le nouveau matériel à voiles : (c On est tenté, 
dit-elle, de le croire destiné à faire seulement la course à la 
prime. » 
Peut-être y a-t-il, dans ce dernier jugement, quelque exa 
gération. Le voilier, sans nul doute, pratique la course à la 
prime, mais il ne peut pas faire que cela. M. Daymard l’a 
démontré fort clairement à la commission extraparlemen 
taire de la marine; la prime à la navigation, isolée de toute 
autre recette, ne permettrait pas à un voilier de se tirer 
d’affaire et de supporter les frais i[ui lui incombent. 
M. Daymard a pris le cas d’un voilier d’une jauge brute 
de 2,5oo tonnes et parcourant une distance moyenne de 
24,000 milles. 11 a trouvé que ce voilier toucherait en primes 
de navigation : 
La If* aimée 97>i)20 fr. 
La 2« année 94.4^4 
A reporter. ..... 192,884 fr.
	        
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