NOTRE FLOTTE COMMERCIALE.
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verses entre New-York et Melbourne, Adélaïde, Sydney, la
Nouvelle-Zélande.
Il conserve encore nn avantage sur le vapeur dans les cas
particuliers où les commerçants ont intérêt à pouvoir immo
biliser un navire pendant un certain temps ou à laisser en
route, pour les garder sans payer de magasinage, des pro
duits gulls ont achetés au moment de la récolte et qu’ils ne
veulent pas vendre immédiatement.
Nos voiliers français vont surtout en Californie, dans
l’Orégon, le nord du Pacifique, l’Australie. Ils reviennent
en Europe avec du blé, de l’orge, du nitrate, du nickel, de
la laine. Les vapeurs qui feraient les mêmes parcours auraient
à supporter entre soixante et quatre-vingts jours de cliaulTe ;
en dehors de la difficulté qu’il éprouveraient à se ravitailler
en charbon, ils courraient le risque de voir leurs machines
s’avarier à la suite d’un travail aussi long et fatigant.
Que, pour toutes ces raisons, le voilier trouve encore du
Iret, personne n’en peut être surpris. Mais ce dont il est
permis de douter, c’est que les services rendus par cette
catégorie de navires correspondent aux sacrifices faits pour
la protéger. Les ports où le voilier va décharger sa car
gaison sont pour la plupart des ports étrangers ; si bien
<pie c’est notre budget qui fournit aux nations concurrentes
les moyens de se servir d’instruments de transport écono
miques. Notre générosité n’est pas seulement naïve, elle est
excessive.
M. Thierry, rapporteur du projet de loi sur la marine
marchande, constate que les primes payées aux voiliers ont
1 RIPLÉ en deux ans.
« Les voiliers, dit-il, ont t ouché en 1896:1,624,886 fr. 38 c.,
tandis qu’ils ont reçu en 1898 4,898,02^ fr. 74 c.
« Depuis, ajoute l’honorable rapporteur, la progression
tí a fait (ju augmenter et, pour favoriser le seul développe-