ARMATEURS ET CONSTRUCTEURS.
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« 11 vaut mieux acheter des navires à l’étranger que lui
payer le tribut énorme qu’on lui paie sous forme de fret. Le
navire francisé fait vivre des marins français, des industries
françaises. Le fret payé à l’étranger est à tout jamais perdu
pour notre pays.
« Le nombre et les ressources des chantiers français actuels
sont notoirement insuffisants pour satisfaire aux besoins de
la marine marchande. Il faudrait donc attendre la création
de nouveaux établissements. Or, quelque diligence que fas
sent les ingénieurs, il serait impossible de compléter avant
deux ou trois ans l’installation de chantiers capables de
construire de grands paquebots et ces chantiers eux-mémes
ne pourraient livrer des commandes que dix-huit ou vingt
mois après leur achèvement.
« En donnant au contraire à la marine française la faculté
de renouveler son matériel à l’étranger et en lui accordant
une juste compensation des charges qu’elle supporte, on lui
permettra de s’accroître promptement et d’etre en mesure
de se défendre contre ses rivales en attendant que des chan
gers soient créés en France.
« Enfin, concéder un monopole aux chantiers français et
leur enlever le stimulant de toute concurrence constituerait
Un véritable danger.
« A côté des moyens de faire prospérer le navire portant
le pavillon français, il conviendrait au législateur de se
préoccuper des moyens de le créer, c’est-à-dire de faciliter
n l’armement les moyens de se procurer des capitaux.
« Il nous semble que le Gouvernement devrait venir en
nide à la marine marchande en autorisant le Crédit foncier à
lui faire des prêts.
« Parmi les mesures d’un ordre secondaire dont l’adop-
buii apportera une atténuation aux charges qui pèsent sur
1 armement, nous citerons en premier lieu, la suppression
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PUOBL. MAK. MAUC.