Full text : Le problème de la marine marchande

ARMATEURS  ET  CONSTRUCTEURS.

I  l3

«  11  vaut  mieux  acheter  des  navires  à  l’étranger  que  lui
payer  le  tribut  énorme  qu’on  lui  paie  sous  forme  de  fret.  Le
navire  francisé  fait  vivre  des  marins  français,  des  industries
françaises.  Le  fret  payé  à  l’étranger  est  à  tout  jamais  perdu
pour  notre  pays.
«  Le  nombre  et  les  ressources  des  chantiers  français  actuels
sont  notoirement  insuffisants  pour  satisfaire  aux  besoins  de
la  marine  marchande.  Il  faudrait  donc  attendre  la  création
de  nouveaux  établissements.  Or,  quelque  diligence  que  fassent ­
  les  ingénieurs,  il  serait  impossible  de  compléter  avant
deux  ou  trois  ans  l’installation  de  chantiers  capables  de
construire  de  grands  paquebots  et  ces  chantiers  eux-mémes
ne  pourraient  livrer  des  commandes  que  dix-huit  ou  vingt
mois  après  leur  achèvement.
«  En  donnant  au  contraire  à  la  marine  française  la  faculté
de  renouveler  son  matériel  à  l’étranger  et  en  lui  accordant
une  juste  compensation  des  charges  qu’elle  supporte,  on  lui
permettra  de  s’accroître  promptement  et  d’etre  en  mesure
de  se  défendre  contre  ses  rivales  en  attendant  que  des  changers ­
  soient  créés  en  France.
«  Enfin,  concéder  un  monopole  aux  chantiers  français  et
leur  enlever  le  stimulant  de  toute  concurrence  constituerait
Un  véritable  danger.
«  A  côté  des  moyens  de  faire  prospérer  le  navire  portant
le  pavillon  français,  il  conviendrait  au  législateur  de  se
préoccuper  des  moyens  de  le  créer,  c’est-à-dire  de  faciliter
n  l’armement  les  moyens  de  se  procurer  des  capitaux.
«  Il  nous  semble  que  le  Gouvernement  devrait  venir  en
nide  à  la  marine  marchande  en  autorisant  le  Crédit  foncier  à
lui  faire  des  prêts.
«  Parmi  les  mesures  d’un  ordre  secondaire  dont  l’adopbuii
  apportera  une  atténuation  aux  charges  qui  pèsent  sur
1  armement,  nous  citerons  en  premier  lieu,  la  suppression
8

PUOBL.  MAK.  MAUC.
            
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