Full text: Le problème de la marine marchande

134 LE PROBLÈME DE LA MARINE MARCHANDE. 
A COS Léviathans de 10,000, i5,ooo, 20,000 tonnes et 
plus, on conçoit qu’il faille des chaudières, des appareils 
moteurs et propulseurs d’une force colossale. Tout s’en 
chaîne ; l’armement et la machine ont suivi les progrès de la 
construction. De même que la transformation de la coque 
de bois en co(pie d’acier a permis d’augmenter la puissance 
de transport du navire sans accroître son poids, de même 
les étapes franchies depuis les premiers développements de 
la machine à vapeur ont correspondu, comme nous l’avons 
déjà vu ('), à une meilleure utilisation du comlmstihle, et 
par suite à une augmentation de la détente et à un accrois 
sement de la pression de régime. 
La France — il faut le proclamer à son honneur — peut 
revendiquer plus justement qu’aucune autre nation sa large 
part dans les immenses progrès qu’a réalisés depuis un demi- 
siècle la construction navale, et dont la substitution de l’acier 
au fer et au bois vint donner le signal. Sur ce ])oint, elle ne 
s’est laissé dépasser par personne — et la qualité parfaite 
des aciers ipie sa marine militaire ou que sa Hotte connner- 
ciale emploient, la supériorité de la construction métallique 
sortant de ses chantiers sont universellement reconnues. 
Nombre d’inventions dues aux ingénieurs français sont au 
jourd’hui, dans cette branche de l’art naval, d’une applica 
tion courante dans les marines étrangères. Ainsi notre patrie, 
semeuse éternellement désintéressée, continue à féconder 
le champ du monde, oubliant trop souvent de jeter dans 
son propre sillon la poignée de bon grain d’où germent les 
récoltes de l’avenir. 
augmenter les dimensions des navires; ou diminue ainsi la force motrice à dépenser, 
par tonneau de jauge, pour une même vitesse, puistpie la capacité d’un navire est pro 
portionnelle au cube des dimensions, tandis que la résistance de l’eau, dépendant sur 
tout de la surface du maître couple, croit seulement comme le carré de ces même» 
dimensions. » C. Coi.son, Transports et tarifs. J. llothschild, éditeur. 
(i) Voir chapitre II ; les progrès de la navigation à vapeur.
	        
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