l5o LE PROBLÈME DE LA MARINE MARCHANDE.
Bref, ()rac(; aux incessantes aiin^liorations qu’elle réalise,,
Nantes prend le développement et l’aspect d’une très qrande
ville ; sur la rive droite de la Loire — bordée d’anciennes et
somptueuses demeures d’armateurs et de riches négociants,
aux balcons de fer ouvragé, aux rnascarons curieusement
sculptés duÂVi® et duxvii® siècle, etjiarmi lesquelles se dresse
le vaste et sévère hôtel eu pierre de taille grise llanque de
tourelles où Henri IV signa, dit-on, en faveur des protes
tants, l’édit pacificateur que les dragonnades de son petit-
fils devaient si peu respecter — de môme que sur la rive
gauche, encombrée de docks et de dépôts, le mouvement
est considérable.
Les entrées et les sorties des bateaux augmentent pro-*
gressivement, et comme, au fur et à mesure que le port
opère un gain maritime, celui-ci ajoute au nombre et à la
puissance des usines, l’activité du centre nantais va crois
sant tous les jours.
En 1899, Nantes pour sa seule consommation a reçu
100,000 tonnes de houille de plus qu’eu 1898, soit 369,000
tonnes, ce qui est un symptôme significatif du développe
ment de sa prospérité industrielle. En 1900, cette (quantité
de houille atteint 412,000 tonnes malgré la crise du charbon.
La région entière bénéficie de cet élan ; l’agriculture (*)
retire de ses produits des prix rémunérateurs ; on peut dire
(i) La richesse agricole de la région nantaise est très grande. Le chiffre des affaires
en grains, farines, fruits et légumes traitées par les négociants nantais dépasse paran
cinquante millions de francs.
L’agriculture, qui occupait avant les travaux du canal maritime i,900 chevaux-va
peur, en occupe en 1899 3,ooo, soit une augmentation de Oo p. loo.
Dès l’ouverture du canal, des lignes régulières se sont créées ou développées, empor
tant vers le dehors les productions agricoles: lignes Saint-Nazaire-Londres, Nantes-
Glasgow, Nantes-Anvers, Nantes-Marseille, etc. ; l’agriculture a dù augmenter son
rendement, perfectionner son outillage pour faire face à ces besoins nouveaux, en même
temps que la prospérité croissante de Saint-Nazaire, puis de Nantes, faisait de ces deux
ports les centres d’une consommation locale beaucoup plus énergique.
Voilà qui démontre, une fois de plus, que le développement de la marine marchande
a nécessairement, sur l’agriculture comme sur l’industrie et le commerce, la plus
heureuse répercussion.