LES CHANTIERS FRANÇAIS. 169
pécs. Ils livrèrent, en 1900, VAzuma, grand croiseur cui
rassé, au gouvernement japonais, et cinq voiliers à X^iSociété
des voiliers nazairiens. Ils construisent en ce moment pour
la marine nationale les deux croiseurs cuirassés le Desaix
et rAmiral-Aube, le premier bientôt prêt à être lancé, le
second livrable seulement en 1908.
Les deux grands clients actuels des chantiers sont l’Etat
et la Compagnie des Chargeurs Réunis.
L’État !... Il faut entendre avec (juel respect, mêlé d’une
sorte d’indulgente et affectueuse tendresse, M. Guichard en
parle. Ali ! l’État n’est pas toujours commode ; il a ses exi
gences et plus d’une fois il lui arrive de grommeler. Mais il
paie si bien ! C’est le client de grand luxe, celui dont les
caprices ne tirent pas à conséquence, tant il sait adoucir, en
entr’ouvrant sa caisse, la contrainte qu’on en peut éprouver.
Ce n’est pas M. Guichard qui se fâchera de ce que les arma
teurs qualifient son usine de « sous-arsenal ». Il accepterait
sans ennui, je le sens, qu’on l’appelât « arsenal » tout court.
Les chantiers de Penhouët, toutefois, ne travaillent pas
uniquement pour la flotte militaire. Ils exécutent en ce mo
ment une grosse commande pour les Chargeurs Réunis ; ils
lui construisent quatre steamers:
L’A miral-Dupervé ;
L’Amiral-Eæelmans ;
L’Amiral-Gueijdon ;
L’A miral-Jaurégiiiherrij.
Ces quatre steamers jaugent 4j5oo tonneaux brut et leur
force est de 2,200 chevaux. Mi-paquebots, mi-cargos, ils
transportent à la fois des passagers et des marchandises. Les
bateaux des Chargeurs ont été souvent affrétés par le Gou
vernement ; aussi la Compagnie, qui escompte les transports
militaires de l’État pour le Congo et rExtrôme-Orient, fait-