LES CHANTIERS FRANÇAIS. l'y!
ils demanderont encore, au minimum, 3o p. loo de plus à
l’armateur que leurs rivaux d’outrc-Manche. Nous voilà
prévenus.
M. Guichard a bien voulu, avec une obligeante bienveillance
dont je tiens à le remercier ici, me faire visiter en
détail ses chantiers. J’ai pu me convaincre de leur excellente
installation ; le rivetage des grosses pièces s’opère au
moyen de machines pneumatiques du dernier modèle. Le
personnel ouvrier, intelligent et actif, est facile à recruter;
son salaire moyen est de 3 fr. go c. par jour — auxquels
vient s’ajouter, suivant le travail effectué, une bonification
variant entre i5 et 3o p. loo.
Il va sans dire que M, Guichard n’a aucune tendresse
pour la compensation d’armement ; s’il reconnaît la nécessité
de porter secours à la marine marchande, il n’entend
pas que son relèvement s’opère au détriment des chantiers.
VIII. La puissance de production du groupe
nantais-nazairien.
La puissance de production du groupe Nantes-Saint-Nazaire,
pour la construction destinée à la marine marchande,
n’est donc pas niable, encore que les commandes
d’Etat l’aient empêchée de se développer normaletnent en
ces dernières années. Servie par des circonstances heureuses,
elle ne peut qu’aller croissant.
Nantes et Saint-Nazaire réunissent en effet les deux conditions
nécessaires à la prospérité de tout grand centre industriel
: bon marché relatif de la matière première et facilités
de recrutement du personnel. Le charbon anglais arrive en
abondance à Saint-Nazaire ; l’année dernière, ce port en a
reçu plus de 700,000 tonnes, venant en grande partie de
Newcastle et de GardiIL L’époque n’est pas éloignée où,