Full text : Le problème de la marine marchande

LA  PUISSANCE  MARITIME  DE  l’aNGLETERRE.

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actuelle.  Il  ne  m’appartient  pas  de  traduire  ici  l’opinion  de
notre  ambassadeur  sur  le  fond  de  la  question,  mais  ce  que
je  puis  affirmer,  c’est  qu’il  pense,  lui  aussi,  que  la  prospérité ­
  de  notre  flotte  commerciale  est  une  question  vitale  pour
le  pays.  Voyant  d’ailleurs  grandir  sous  ses  yeux  l’incomparable ­
  marine  anglaise,  comment  ne  trouverait-il  pas  surprenant ­
  et  déplorable  que  la  France  ne  construise  plus  que  des
voiliers  !  Comment  l’ancien  préfet  du  Nord,  (pii  réclama  dès
1878  l’amélioration  du  port  de  Dunkerque  et  la  création
d’un  grand  réseau  de  canaux  dans  cette  région  de  la  France,
ne  regretterait-il  pas  les  retards  apportés  à  l’exécution  de
ces  travaux,  leur  insuffisance  et  l’éparpillement  de  nos  efforts
sur  bien  des  points  inutiles,  au  gré  des  compétitions  d’inté*-léls
  et  des  appétits  locaux?  Comment  un  esprit  aussi  clairvoyant ­
  (pie  le  sien  ne  souhaiterait-il  pas  une  réforme  du  système ­
  de  protection  maritime  actuel  (pii,  coûtant  si  cher,
donne  d’aussi  médiocres  résultats  ?
M.  Paul  Cambon,  de  sa  voix  claire  et  ferme,  m’expliqua
dans  cette  audience  la  nécessité,  pour  notre  ¡lays,  d’introduire ­
  la  méthode  dans  nos  dépenses  publiques,  de  ne  pas
disséminer  nos  ellbrls  sur  tous  les  points  à  la  fois,  de  ne  pas
gâcher  les  millions  en  vains  travaux,  mais  de  les  employer
])lut(U  à  sillonner  la  France  de  voies  navigables,  de  canaux,
qui  décupleront  sa  force  industrielle.
((  Au  premier  rang  de"toutes  les  nécessités,  me  dit-il,  je
¡(lace  pour  nous,  Français,  celle  de  refaire  une  marine  marchande, ­
  sans  laquelle  nous  allons  nous  trouver  les  premiers
exposés  aux  coups  terribles  de  la  concurrence  américaine.
L’Angleterre,  malgré  sa  flotte,  a  l’effroi  de  cette  concurrence ­
  :  elle  se  demande,  ayant  atteint  au  faîte  de  la  puissance ­
  industrielle,  si  l’entrée  en  lice  des  Etats-Unis  contre
la  vieille  Europe  ne  marquera  pas  l’ère  de  sa  décadence,
ijüs  journaux  anglais  et  français  parlent  souvent  de  l’alliance
            
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