Full text: Le problème de la marine marchande

LA QUESTION OUVRIERE. 3oÇ) 
res, (les locomolives, des macliiiies, ou a recours à des ou 
vriers habiles soumis à iiu appreutissa()e proloiujé ; les forces 
juiissaiiles dont ils disposent, par le fait des machines, 
multiplient prodigieusement le résultat de leurs efforts ; 
mais c’est à eux gu’iucombe le soin de diriger cet effort, 
d’en régler l’emploi suivant leurs coiiuaissauces techniques, 
« La marque distinctive de ces industries, c’est ipi’iiue 
partie notable des machines qu’elles emploient ont pour but 
de mettre une grande force au service d’un ouvrier habile et 
capable de ce di.ceruemeut, de ce coup d’œil, que donnent 
seules une longue habitude et une faculté spéciale. Très net 
tement, c’est la machine qui sert l’ouvrier. » 
Mes visites aux chantiers anglais et français m’ont permis 
de reconnaître la justesse de ces remarques et de voir quelle 
large place l’industrie des constructions navales laisse encore 
à la capacité professionnelle du spécialiste, de l’ouvrier 
« (|ualifié », de celui (pie les Anglais appellent le skilled. 
Cette place, à coup sûr, était beaucoup plus grande encore 
sons le régime de l’ancienne construction des navires en 
bois. En Angleterre, cette construction fut longtemps le mo 
nopole incontesté de la corporation très exclusive et très 
jalousement fermée des shijuorights, qui édifiaient le vais- 
î^eau tout entier, de la cO(|ue à la mature. Pour n’avoir pas 
su ou voulu, lorsipie le fer détrôna le bois, élargir leur tech 
nique spéciale et l’adapter aux conditions nouvelles de l’in 
dustrie navale, les shipwrights se sont vus supplantés par 
les boilermakers qui, de fabricants de chaudières, devinrent 
shipbuilders et ont à leur tour monopolisé ¡iresqne comph''- 
tement la construction des navires ('). 
(i) Ce soûl suiToul les nhipwriijhta du Nord de l'Angleterre gui ont été ainsi dépnni'lés 
de leur monopole par les hoiier/iiukers. Ceux du Sud, mieux inspirés, se sont adaptes 
a révolution de la eonstriietion et travaillent le fer. Ils inonopo isent dans les chantiers 
<le l’État, a Plymouth « t Portsmouth, la construction navale et sont groupés au nombre 
de 15,000 environ, en une société, la Ship constru tioe association.
	        
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