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, LA QUESTION OUVRIÈRE.
(lovant, le patronat, les syiidiipiés du shipbuilding trade ont
pu avec pins de facilité peut-être (pi’aucun autre groupement
résoudre au mieux de leurs intérêts la question des salaires
et établir le marché collectif. A l’heure actuelle, les condi
tions de ce marché sont régulièrement conclues entre les
représentants des syndiqués et des associations de patrons (')
et ils fixent d’une façon impérative le tarif des salaires dans
les grands chantiers du Nord.
Ce n’est pas là besogne facile et simple, étant donnée la
nature particulière du contrat de travail dans le shipbiiiding
trade. L’ouvrier y travaille surtout, en effet, sous le régime
du piecework, du travail aux pièces. Ce mode de travail et de
salaire, combattu par les mécaniciens qui ne le subissent
qu’à contre-cœur, est, au contraire, dans l’industrie des
constructions navales, considéré comme le mieux capable de
sauvegarder les intérêts à la fois du patron et de l’ouvrier.
Il est, dans le travail àn shipbuilder, telles besognes, comme
celles, par exemple, qui s’accomplissent dans les parties
obscures de l’intérieur du navire, pour lesquelles la surveil
lance est impossible. Le patron, ou le conçoit, ne se soucie
pas de payer à l’heure un ouvrier dont il ne peut contrôler
les services. Avec le salaire aux pièces, il est sûr que
l’ouvrier ne cherchera pas à perdre son temps. L’ouvrier, de
son côté, dans l’industrie des constructions navales, ¡leut
être victime de chômages subits ; les commandes de na
vires ne sont pas régulières, la production dans cette
industrie n’est pas réglée par une consommation courante et
(i) Tous les patrons de l'industrie mécanique et des constructions navales, à l’excep
tion de deux ou trois, se sont, sur la côte nord-est, groupés dans un but de défense
réciproque contre les prétentions des ouvriers et pour conclure avec eux le contrat
collectif; ils forment trois grandes associations qui portent les noms des trois rivières
sur lesquelles se centralise l’industrie des constructions navales, la Tyne, la Tee et la
Wear. Ces associations aussi sont fortement organisées; ce sont leurs représentants
qui débattent et arrêtent avec les délégués des ouvriers les conditions du contrat de
travail, du piecework. La môme organisation patronale s’est étendue à la Clyde.