LA QUESTION OUVRIERE. 345
Charles-Tibergien (5,200 tonnes de port en lourd), cjiii a
fait encaisser aux chantiers de Normandie, en prime et en
versements de l’armateur, 1,782,000 fr., et fut considéré
par ces chantiers comme une déplorable affaire — nous
constatons que ce cargo ne sera pas construit par les chan
tiers français à moins de 333 fr. la tonne en lourd, ce qui
donne pour le navire de 8,000 tonnes un coût total de près
de 2,700,000 fr. Je choisis à dessein un prix français très
BAS. En réalité l’écart est beaucoup plus considérable.
Je puis, à titre de renseignement, donner une édifiante
indication de prix se référant à une affaire toute récente :
un armateur français, voulant faire construire un cargo de
5,5oo à 5,600 tonneaux de port en lourd (environ 5,000
tonnes de jauge légale) s’est adressé d’abord à des chantiers
français; on lui a demandé 1,800,000 fr., ce qui avec la
prime de construction mettait le coût du navire à plus de
2,200,000 fr.
En Angleterre, le même armateur a recueilli les offres
suivantes : dans un très beau chantier, de tout premier ordre,
on lui a demandé du navire l\[\,ooo livres, soit 1,100,000 fr.,
et dans d’autres chantiers 42,000 livres, soit i,o5o,ooo fr.
Il y a donc entre les prix faits à l’armateur par les Français
et les Anglais l’énorme différence du simple au double.
Ainsi, nos chantiers produisent à un prix beaucoup plus
élevé que les chantiers anglais : la prime de construction
vient, pour l’armateur, diminuer cette différence, mais, mal
gré son importance, elle n’empôche pas nos chantiers d’être
encore plus chers en moyenne de 3o à 5o p. 100 que les
chantiers anglais et de prélever, par la retenue de trois,
quatre, cinq années de prime à la navigation ce supplément
sur la caisse de l’armateur.
En résumé :
Supériorité de la production ;