348 LE PROBLÈME DE LA MARINE MARCHANDE.
des matières premières, la prime de construction couvrant
plus de deux fois la surcharge qui en peut résulter pour
notre industrie navale.
Quant aux avantages A’organisation et de méthode dans
le travail, nos usines maritimes les acquerront, si elles le
veulent, d’autant plus aisément qu’elles commencent déjà
à les posséder.
La spécialisation, la construction en série, la division rai
sonnée du travail existent dans les chantiers de Nantes, où
nous avons vu construire uniquement des voiliers de même
tonnage, par des équipes d’ouvriers spécialisés. Rien ne
sera plus l'acile que d’appliquer ces mêmes principes à la
construction des steamers.
La direction pratique nous manquerait davantage ; il n’y
a pour ainsi dire pas d’exemple de chantiers dirigés par la
même famille ; mais la connaissance technique du patron
anglais est compensée par l’habileté de nos ingénieurs des
constructions navales, qui forment un corps remarquable
auquel lord Brassey, dans un discours d’ouverture de la
session des Naval-Architects, rendait ce public et solennel
hommage :
« Nous (la nation anglaise) avons été poussés, en quelque
sorte, par la dure nécessité de vivre, à diriger notre activité
dans la plus large mesure vers les choses de la mer et nous
avons acquis ainsi par des efforts persévérants une part im
portante du trafic du monde entier. Mais je suis certain que
nos armateurs et nos constructeurs seront les premiers à
reconnaître dans quelle large mesure ils ont à toute époque
été redevables à l’habileté manifestée dans les projets des
ingénieurs français.
« Ils nous ont donné des modèles que nous avons été
heureux de copier, et en ce moment même, ce sont les Fran
çais qui sont à la tête du progrès de la construction navale.