l’effort nécessaire. 871
assez analogue à celui de la « commande couplée », quoique
beaucoup plus restrictif que celui qui précède (‘).
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Amendé comme nous venons de l’indiquer, le projet du
Gouvernement donnerait satisfaction aux intérêts divergents
que met aux prises la rénovation de la marine marchande ;
par-dessus tout, il s’inspirerait de Vintérêt général. Si
trente-huit millions de Français supportent l’impôt sans se
plaindre, si les plus pauvres d’entre eux, qui se trouvent encore,
par une persistante iniquité, les plus chargés des contribuables,
sont les premiers à consentir les sacrifices nécessaires
à la grandeur de la patrie, encore faut-il que les
dirigeants aient la sagesse de ne pas laisser puiser dans les
caisses publiques les spéculateurs peu scrupuleux qui cherchent
une occasion d’enrichissement là où la masse populaire
ne trouve qu’une occasion de sacrifices méritoires.
Avec une loi pareille, nous saurions du moins où nous
irions puisqu’elle substituerait à la protection aveugle, établie
par le législateur de 1898, et aux risques périlleux
d’une compensation que rien ne limite dans sa répercussion
fiscale, les bases solides d’un encouragement qui ne tyranniserait
aucun des grands intérêts antagonistes de la construction
et de l’armement et accomplirait, avec mesure,
Veffort nécessaire. Avec elle s’évanouit le danger — certain
et pressant — d’entretenir aux frais des contribuables fran-(i)Le
bill, rapporté par M. Frye, le 27 février 1900, prévoyait une prime variable,
mais qui n’excédait pas pour les gros vapeurs o fr. 75 c. par mille milles parcourus,
sans décroissance annuelle. La prime était donnée aux navires construits en Amérique,
pendant vingt ans; les navires commandés ou construits dans des chantiers étrangers
avant la promulgation de la loi recevaient la même prime pendant dix ans, à la condition
que leur propriétaire fit construire un tonnage équivalent par l’industrie nationale.
Jusqu’au moment de la livraison de ces nouveaux navires, la prime s’accumulait
à la Caisse des dépôts et consignations. En somme, le bill américain était ultra-protectionniste.
Il ne l’a cependant pas paru encore assez, puisque le Sénat américain, dont
on connaît les tendances, l’a rejeté.