Full text : Le problème de la marine marchande

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LE  PROBLÈME  DE  LA  MARINE  MARCHANDE.

française  vers  la  coiistitiilion  d’immenses  déboneliés  coloniaux. ­
  Nous  avons  pris  la  Tunisie,  le  Tonkin,  le  Dahomey,
le  Gong|o,  Madagascar;  semé  le  désert  africain  des  ossements
blanchis  de  nos  explorateurs,  de  nos  officiers,  de  nos  soldats. ­
  Demain,  nous  prendrons  le  Maroc.  Le  parti  colonial
est  insatiable  dans  son  appétit,  et  s’il  pouvait  atteindre  la
Lune,  volontiers  il  l’annexerait.
C’est  fort  bien,  et  la  ressource  nous  reste  de  penser  que
les  plus  sages,  en  pareille  matière,  sont  peut-être  les  plus
fous,  puisque  les  nations  «  d’esprit  pratique  »,  l’Angleterre,
l’Allemagne,  les  États-Unis,  paraissent  possédées  comme
nous  de  cette  rage  colonisatrice.
Nos  possessions  lointaines  nous  ont  coûté  cher  ;  leur  conquête ­
  exigea  les  millions  par  centaines  et  les  vies  par  milliers. ­
  Elles  nous  ont  même  valu  des  crises  tragiques,  où
l’opinion  se  demandait  avec  anxiété  si  la  France,  oublieuse
de  l’amputation  subie  pendant  l’année  terrible,  n’allait  pas
être  obligée,  à  propos  des  marécages  du  Bahr  cl  Ghazal,  de
tirer  l’épée  contre  sa  voisine  et  sa  principale  cliente  !
Quelle  raison  donner  à  un  aussi  gigantesque  eifort  et
comment  se  justifier  d’exposer  le  pays  à  de  pareils  dangers,
si  l’on  n’invoque  la  nécessité  de  trouver  des  débouchés  à
notre  production  nationale  ?  Et  cependant,  le  grand  échange
commercial  escompté  entre  la  métropole  et  ses  établissements ­
  d’outre-mer  reste  encore  à  réaliser.
Malgré  nos  barrières  et  notre  arsenal  de  lois  protectionnistes, ­
  le  produit  anglais,  allemand,  américain  s’insinue  sur
notre  propre  domaine  et  s’y  développe  plus  que  celui  de
l’industrie  française.  Nous  tirons  les  marrons  du  leu  pour
en  régaler  nos  concurrents.  Péchons-nous  par  impuissance
et  l’avisé  diplomate  que  fut  M.  de  Chaudordy  aurait-il  donc
vu  juste  lorsqu’il  écrivait  :
«  La  France  ne  sera  jamais  une  puissance  coloniale.  On
            
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