Full text : L' arbitrage international chez les Hellenes

151

L’ARBITRAGE  INTERNATIONAL  CHEZ  LES  HELLÈNES
sième  puissance.  Comme  on  le  voit  nous  nous  trouvons  ici  en  présence
d’un  essai  d’établissement  de  l’arbitrage  obligatoire,  en  présence  de
véritables  traités  d’arbitrage  permanent.  C  est  sur  ces  tentatives  que
l’intérêt  capital  doit  se  concentrer  quand  on  étudie  la  situation  de
l’idée  de  l’arbitrage  au  V e  siècle.  Ils  seront  plus  loin  l’objet  d’un
examen  spécial.
Comme  on  le  sait,  le  résultat  pratique  de  ces  traités,  et  des
efforts  dont  ils  sont  l’expression,  ne  fut  pas  grand  ;  1  opposition
était  trop  multiple  et  forte  ;  le  développement  des  choses  conduisit
donc  chaque  fois  à  une  rupture  malgré  tous  les  traités,  et  avec  une
logique  implacable.  On  doit  aussi  avouer  que  la  situation  extérieure,
malgré  tout,  était  à  cette  époque  peu  favorable  à  1  application  de
l’arbitrage  entre  les  états  dirigeants.  Une  condition,  essentielle  à  ce
point  de  vue,  manquait  ;  ce  n’est  en  effet  que  tout  juste  si  1  on
peut  parler  à  cette  époque  de  «  1  existence  de  plusieurs  états
autonomes  ».  Il  n’y  en  avait  en  réalité  que  deux.  C  est  pourquoi
il  n’était  pas  non  plus  très  facile  de  trouver  quand  il  le  fallait,  un
état  véritablement  qualifié  pour  fonctionner  comme  arbitre.  Mais
pour  le  côté  théorique  de  l’histoire  de  l’arbitrage,  cette  époque  offre
un  grand  intérêt.
Comme  nous  l’avons  vu  plus  haut,  nous  ne  connaissons  que  cinq
exemples  d’application  de  l’arbitrage  compromissoire  à  cette  époque.
Il  ne  faut  cependant  pas  en  conclure  qu’il  n’ait  pu  être  assez  couramment ­
  appliqué  quand  les  circonstances  s’y  prêtaient,  c’est-à-dire
surtout  à  la  périphérie  du  monde  grec,  même  si  nous  n’avons  pas
de  détails  très  précis  sur  ce  point.  Il  semble  que  l’on  puisse  conclure
ceci  d’un  exemple  où  il  n’est  pas  douteux  qu’il  y  ait  eu  une  imitation ­
  consciente  des  usages  grecs.  Lorsqu’en  l’an  424  le  chef  Spartiate
Brasidas  vint  en  Macédoine  et  en  Thrace  à  la  tête  d’une  armée,
Arrhabaios 1  qui  gouvernait  les  Lyncestriens  dans  la  Macédoine
méridionale  et  qui  était  en  lutte  avec  le  roi  macédonien  Perdiccas,

1  Thucydide  IV,  83.
            
Waiting...

Note to user

Dear user,

In response to current developments in the web technology used by the Goobi viewer, the software no longer supports your browser.

Please use one of the following browsers to display this page correctly.

Thank you.