Full text : L' arbitrage international chez les Hellenes

A.  RÆDER

groupements  et  à  des  ligues  organisées,  qui  comprenaient  plusieurs
états,  indépendants  par  ailleurs.
Nous  avons  déjà  parlé  de  la  plus  ancienne  forme  de  semblables
groupements  parmi  les  états  libres  de  l’Hellade  ;  c’étaient  les  Amphictyonies ­
  qui  avaient  toutes  une  caractère  religieux  très  marqué.
Le  rôle  des  Amphictyonies,  si  l’on  en  excepte  en  partie  l’Amphictyonie ­
  pylæo-delphienne,  était  à  peu  près  terminé  à  l’époque  des
guerres  Perses.  A  partir  de  ce  moment  les  groupements  commencent ­
  à  présenter  d’autres  formes  :  le  caractère  religieux  passe
au  second  plan  et  l’on  voit  surgir  des  fédérations  purement  politiques. ­
  Les  véritables  états  fédératifs  dont  les  membres  étaient
complètement  organisés  par  eux-mêmes  ne  jouent  cependant  encore
qu’un  rôle  moins  important  :  ils  appartiennent  à  une  période  ultérieure ­
  de  l’histoire  de  l’Hellade  .  Pendant  toute  l’époque  qui  va
des  guerres  Perses  jusqu’à  Philippe  de  Macédoine,  ce  sont  les
grandes  hégémonies  qui  se  mettent  en  avant.
Il  est  au  fond  dans  la  nature  de  la  chose,  que  toute  organisation
comprenant  plusieurs  états  cherche  à  s’organiser  pour  faire  régler
par  la  voix  pacifique  tous  différends  pouvant  surgir  entre  deux  ou
plusieurs  de  ses  membres  ;  si  ceci  n’a  pas  lieu,  le  groupement  est
par  là  même  complètement  ou  en  partie  compromis.  Il  va  de  soi
qu’à  l’intérieur  d’une  ligue  il  ne  doit  pas  y  avoir  de  situation  belliqueuse ­
  entre  deux  de  ses  membres.  Ceci  résulte  à  l’évidence  de
ce  qui  nous  est  raconté  sur  la  conclusion  d’un  grand  traité  grec
de  défense  en  l’an  481  juste  avant  l’attaque  menaçante  de  Xerxès.
Il  fut  décidé  avant  tout  de  mettre  fin  à  toutes  les  hostilités  et  de
terminer  toutes  les  guerres  dans  lesquelles  seraient  engagés  des
membres  de  la  ligue  entre  eux,  comme  c’était  le  cas  entre  Athènes
et  Egine  L  Nous  trouvons  plus  tard  une  situation  tout  à  fait
semblable  lorsque  Sparte  et  Argos  en  l’an  418  eurent  conclu  une
ligue  entre  elles  en  leur  nom  propre  et  en  celui  de  leurs  alliés  ;

1  Hérodote  VII,  145.  —  Plutarque  Them.  6.
            
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