Full text : L' arbitrage international chez les Hellenes

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L’ARBITRAGE  INTERNATIONAL  CHEZ  LES  HELLÈNES

cienne  avant  la  guerre  du  Péloponnèse,  Sparte  n’avait  pas  une  situation ­
  si  dominante,  de  sorte  qu’il  y  a  lieu  de  croire  qu  il  existait
alors  des  conditions  meilleures  pour  l’application  de  1  arbitrage
entre  les  membres  de  la  Ligue  que  ce  ne  fut  le  cas  apres  la  guerre,
lorsque  l’hégémonie  de  Sparte  devint  presque  un  regne  de  violence.
Si  maintenant  nous  envisageons  la  Ligue  athque-dé&nne  nos  sources
nous  laissent  alors  dans  un  grand  embarras  quand  il  s  agit  de  savon
de  quelle  manière  étaient  tranchés  les  différends  entre  les  membres
de  la  Ligue.  Nous  ne  connaissons  en  détail  qu’un  seul  cas,  c  est
le  différend  entre  Samos  et  Milet.  Il  y  avait  entre  ces  deux  villes
une  vieille  question  jamais  réglée  au  sujet  de  la  ville  ionienne  de
Priène  b  En  l’an  440  une  guerre  résulta  de  cette  affaire  entre  les
deux  villes s .  Les  Milésiens  eurent  le  dessous  dans  le  combat,  et
Samos  s’étant  emparée  de  Priène,  ils  envoyèrent  des  ambassadeurs
à  Athènes  pour  se  plaindre  de  Samos  ;  les  démocrates  samiens  ré
clamèrent  aussi  l’intervention  des  Athéniens  dans  1  espoir  en
voir  résulter  la  chute  du  gouvernement  oligarchique  dans  1  île.
Les  Athéniens  exigèrent  que  les  Samiens  cessassent  la  guerre  et
firent  trancher  la  difficulté  devant  leur  tribunal 3 .  Les  Samiens
n’ayant  pas  obéi,  Périclès  fut  envoyé  à  Samos  avec  une  flotte  et
finit  par  réduire  les  Samiens  par  la  force  des  armes.
On  voit  aussitôt  la  différence  des  principes  qui  existe  dans  la
manière  dont  Athènes  se  conduit  dans  ce  différend  et  celle  dont
Sparte  se  conduisit  dans  le  désaccord  semblable,  survenu  entre
Elis  et  Lépréon.  Sparte  agit  comme  arbitre  réclamé  par  les  deux
parties  ;  Athènes  agit  sans  aucun  mandat  semblable,  uniquement
appelée  par  l’une  des  parties.  Lorsqu’Athènes  se  présente,  c’est
pour  donner  ses  ordres  ;  les  Athéniens  «ordonnent»  aux  Samiens
d’arrêter  la  guerre  et  de  trouver  bon  qu’ils  jugent  l’affaire,  et
Samos  n’ayant  pas  obéi  à  l’ordre,  les  Athéniens  punissent  l’île  par

1  Hérodote  V,  99.  —  1  2  Thuc.  I,  115.  Diodore  XII,  27,  1.  Plutarque,  Périclés,  25.
—  s  Plutarque,  Périclés  25  :  navaaaiïcn  tcov  ’A&qvcuœv  xeXeuôvtrov  %  al  Nxac  Xaßetv
xal  boûvat  Ttap’aùtoîc;.
            
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