L’ARBITRAGE INTERNATIONAL CHEZ LES HELLÈNES
n’ont malheureusement pas été conservés, bien que Pausanias au
II e siècle après J. C. ait encore eu l’occasion de le lire à Olympie, où
il avait été affiché publiquement b Thucydide a du moins plusieurs
fois témoigné que le traité contenait une clause décidant que les
désaccords qui pourraient surgir entre les deux Etats pendant la
durée de validité du traité, devaient être réglés par voie juridique.
Lorsque les alliés péloponésiens de Lacédémone étaient réunis
en l’an 432 à Sparte, pour prendre une décision au sujet des exi
gences de Corinthe, qui voulait que la Ligue déclarât la guerre à
Athènes, des envoyés athéniens se trouvaient à Sparte. Dans un
discours, ils rappelèrent aux Lacédémoniens le traité passé, et leur
enjoignirent de « ne pas contrevenir au traité de paix et au serment
le consacrant, mais, au contraire, d’accord avec ce traité, de laisser
régler par la voie judiciaire les divergences qui avaient pu surgir 1 2 . »
L’hiver suivant, des envoyés lacédémoniens vinrent à Athènes,
et y remirent un ultimatum. Dans un discours prononcé à cette occa
sion, dans l'assemblée du peuple, Périclès dit : 3 « Bien qu’il fût
convenu que nous devions laisser solutionner par la voie judiciaire
les différends pouvant surgir, et que chacun de nous devait con
server ce qu’il avait, néanmoins ils (les Spartiates) n’ont jamais de
mandé un règlement judiciaire et n’ont pas voulu, non plus, l’ac
cepter quand nous le proposions ; ils préfèrent régler les affaires par
la guerre plutôt que par des moyens pacifiques, et ils sont venus
ici, pour donner des ordres, et non pour présenter une réclamation. »
Le peuple athénien prit une décision conforme au conseil de Pé
riclès, et se déclara disposé à laisser trancher le différend avec Sparte
par voie judiciaire. 4
1 V, 23, 4. — 2 Thucydide I, 78 : Aéyopev i>ptv oitóvbac; ph Xúetv ppbè xapaßaiveu
xoòç ôpxouç, xà bè brácpopa bíxi^ Xúecs&at xaxà xf\v £uv9-rçxr(v. — 3 Thucydide I, 140 :
Elpt\pévov yàp btxaç pèv xrâv bracpoprâv áXXi^Xoiq btbóvat xal bé/eo^ai, e/eiv bè
éxaxépouç a ë'/opev, ouxe aóxol bíxaç itco rjxpcsav oure fjprâv bxbóvxoov bé/oviai. Cfr. I
144. — 4 Thucydide I, 145 : bíx% bè xaxà xàç %uv&^xac éxoíiun elvat biaXúco&ai ncpl
xrâv èyxXrpiáxcov èm ïôr\ xal óuoía.