-- 196 —
ou la masse industrielle. L'organisation doit. être faite sponta-
nément, en dehors de la loi. Voilà pourquoi, lorsqu’on me de-
mande si telle on telle catégorie pourra se constituer en syn-
dicat autonome, ou si elle devra faire partie d’un syndicat
plus vaste, je réponds « mon est hic locus »; ce n’est pas la loi
qui doit décider en cette matière. Et j'ajoute, ni la loi, ni le
règlement, ni les dispositions d’exécution de la loi. Tout ce
qui concerne l’organisation pratique des syndicats, c’est-à-dire
la façon dont s’organiseront en fait les masses des travailleurs et
des entrepreneurs, sort du cadre de la loi. C’est une question
qui dépendra de la façon dont les différents intérêts pourront
s'organiser et se concilier entre eux. Ce sera, tout au plus, une
question de pratique législative, c’est-à-dire d'application de
la loi. Le gouvernement verra, dans chaque cas, s’il lui convient
d'accorder la reconnaissance légale à tel ou tel syndicat, s’il
lui convient de reconnaître un seul syndicat, ou deux, ou trois.
Il faudra, en somme que le gouvernement soit libre d’appré-
cier la façon dont les forces du travail et de la production doi-
vent s'organiser.
«Je dois m’arrêter quelque peu sur certains points parti-
culiers du projet de loi, et je devrai dire surtout quelques
mots au sujet des critiques formulées par le sénateur Loria.
Ma tâche est du reste très facile après la réponse si complète
du sénateur Schanzer, rapporteur du Bureau central.
«L'esprit des critiques formulées par le sénateur Loria,
dont je le remercie car la critique méditée est une collaboration
efficace, est, en substance, un esprit qui provient de la théorie
socialiste. Le sénateur Loria a certainement raison de dire
qu’il n’est pas libéral. Mais par suite de l’étroite parenté qui
existe entre les idées libérales et le socialisme (je crois avoir
déjà démontré que les idées socialistes découlent des idées
libérales), la critique d’un socialiste ne peut faire abstraction
du point de vue libéral.
« En effet, les critiques du sénateur Loria sont toutes plus
ou moins inspirées par le préjugé du libéralisme. Le sénateur
Loria, par exemple, trouve qu’il est injuste de donner la pré-
férence au syndicat qui a un dixième d'inscrits, tandis qu’un
syndicat qui comprend les neuf autres dixièmes n’est pas recon-
nu. Cette hypotlièse n’a qu’une valeur dialectique, elle est
complètement en dehors de la réalité. Mais nous n’avons aucune
difficulté à déclarer dès maintenant que la reconnaissance sera
accordée aux syndicats fascistes. Pourquoi ? Pour deux rai-