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L’ARBITRAGE INTERNATIONAL CHEZ LES HELLÈNES
sième puissance. Comme on le voit nous nous trouvons ici en présence
d’un essai d’établissement de l’arbitrage obligatoire, en présence de
véritables traités d’arbitrage permanent. C est sur ces tentatives que
l’intérêt capital doit se concentrer quand on étudie la situation de
l’idée de l’arbitrage au V e siècle. Ils seront plus loin l’objet d’un
examen spécial.
Comme on le sait, le résultat pratique de ces traités, et des
efforts dont ils sont l’expression, ne fut pas grand ; 1 opposition
était trop multiple et forte ; le développement des choses conduisit
donc chaque fois à une rupture malgré tous les traités, et avec une
logique implacable. On doit aussi avouer que la situation extérieure,
malgré tout, était à cette époque peu favorable à 1 application de
l’arbitrage entre les états dirigeants. Une condition, essentielle à ce
point de vue, manquait ; ce n’est en effet que tout juste si 1 on
peut parler à cette époque de « 1 existence de plusieurs états
autonomes ». Il n’y en avait en réalité que deux. C est pourquoi
il n’était pas non plus très facile de trouver quand il le fallait, un
état véritablement qualifié pour fonctionner comme arbitre. Mais
pour le côté théorique de l’histoire de l’arbitrage, cette époque offre
un grand intérêt.
Comme nous l’avons vu plus haut, nous ne connaissons que cinq
exemples d’application de l’arbitrage compromissoire à cette époque.
Il ne faut cependant pas en conclure qu’il n’ait pu être assez couram
ment appliqué quand les circonstances s’y prêtaient, c’est-à-dire
surtout à la périphérie du monde grec, même si nous n’avons pas
de détails très précis sur ce point. Il semble que l’on puisse conclure
ceci d’un exemple où il n’est pas douteux qu’il y ait eu une imita
tion consciente des usages grecs. Lorsqu’en l’an 424 le chef Spartiate
Brasidas vint en Macédoine et en Thrace à la tête d’une armée,
Arrhabaios 1 qui gouvernait les Lyncestriens dans la Macédoine
méridionale et qui était en lutte avec le roi macédonien Perdiccas,
1 Thucydide IV, 83.