fullscreen : Oeuvres complètes

^  Í’HINCIPES  Dl:  I/ÉCONOMIK  POLITIQUE.
si  des  améliorations  de  cette  espèce  influent  sur  la  rente,  il  faudra
examiner  si  la  différence  entre  le  produit  obtenu  par  l’emploi  de  differentes ­
  portions  de  capital,  augmente,  diminué,  ou  reste  la
même.  Si  l’on  consacre  quatre  portions  de  capital  à  la  terre,  50  60
/O,  80,  chacune  donnant  les  mêmes  résultats,  et  que,  par  quelque
amelioration  favorable  à  la  formation  de  ce  capital,  on  en  puisse  re  -
tirer  5  de  chaque  portion,  en  sorte  qu’elles  restent  à  45,  55,  65  et  75
a  rente  des  terres  à  blé  ne  subira  aucune  altération  ;  mais  si  les  améloratioiis
  sont  de  nature  à  permettre  de  faire  sur  la  plus  forte  portion
décapitai,  1  economic  de  la  totalité  de  la  portion  employée  d’une
maniere  moins  productive,  la  rente  baissera  à  l’instant,  car  la  différence ­
  entre  le  capital  le  plus  productif  et  celui  qui  l’est  le  moins,  se
trouvera  diminuée,  et  c’est  cette  différence  qui  constitue  la  rente.
Je  ne  multiplierai  pas  les  exemples,  et  j’espère  en  avoir  dit  assez
pour  prouver  que  tout  ce  qui  diminue  l’inégalité  entre  les  produits
O  tenus  au  moyen  de  portions  successives  de  capital  employées  sur  le
même  ou  sur  de  nouveaux  fonds  de  terre,  tend  à  faire  baisser  la
oppoi,“
En  parlant  de  la  rente  du  propriétaire,  nous  l’avons  considérée  dans
scs  rapports  avec  le  produit  total,  sans  avoir  le  moindre  égard  à  sa
va  cur  échangeable;  mais  puisque  la  même  cause—  qui  est  la  difficulté ­
  de  produire,  —  fait  hausser  la  valeur  échangeable  des  produits

Jppp  R  plupart  (les  économistes  anglais  ,  a  conacre
  a  Kieardo  ces  paroles  qui  sont  une  véritable  couronne  scientiliqup  ;  «  Telle
»  la  base  de  celte  théorie  si  neuve  et  si  capitale,  qui  est,  disons-le,  la  gloire  de
»  économie  politique  moderne  et  qui  donne  l’explication  des  faits  économiques
¡oint  cene««'«'K  pas  Jusqu’à  quel
P  ette  t  leorie  est  moderne,  puisque,  déjà  bien  avant  Ricardo  et  Maltbus,  elle
aval  ete  nettement  esquissée  par  Anderson  et  E.  West  :  mais  nous  sommes
111  qu  e  e  ne  constitue  pas  la  gloire  de  réconomie  politique  actuelle.  On  n’y
re  rouve  pas  ces  larges  et  fortes  conséquences,  ces  arguments  puissants  qui  font
changer  de  face  les  questions  et  les  sciences.  C’est  à  la  faveur  d’hypothèses,  d’anayses
  contestables  et  contestées,  que  Ricardo  déroule  la  chaîne  de  ses  aphorismes  •
et  tout  cela  pour  aboutir  à  prouver  que  la  rente,  cette  dîme  passablement  aristo^
cratique,  n  ajoute  rien  aux  frais  de  production,  c’est-à-dire,  pour  aboutir  à  une
logomachie  ou  à  une  erreur.  Qu’on  le  sache  bien,  la  gloire  de  Ricardo,  comme
celle  de  l’économie  politique,  n’est  pas  là  :  il  faut  la  chercher,  la  trouver  ailleurs
et  c’est  ce  que  nous  avons  fait  A.  F.  ’
            
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