98 LE PÉROU ÉCONOMIQUE
est l’amorce faite sur Cuzco. Circonstance assez rare dans
ces altitudes, on trouve à Juliaca un hôtel très bien pour
l’endroit, aussi le propriétaire y a-t-il fait fortune.
Le lendemain, dernière journée en chemin de fer, jus
qu’à Sicuani, alors terminus de la ligne ferrée. Nous tra
versons, pendant cette dernière étape, divers centres mi
niers importants : or, étain, cuivre, etc. A toutes ces sta
tions on voit beaucoup d’indiens aux ponchos de couleurs
variées où domine le rouge, et un non moins grand nombre
d’Indiennes, accroupies pour la plupart, mais non pas
inactives, les unes filant au fuseau la laine dont elles feront
ensuite les ponchos, les autres criant leurs marchandises ;
celle-ci allaitant son nourrisson, qu’elle porte ensuite sur
son dos, à peine retenu par un poncho noué devant, car
elles aussi portent ce vêtement national ; celle-là cherche
les poux de son moutard (c’est là une occupation très com
mune et une friandise très recherchée). Ces stations sont
des espèces de petits marchés ; on y débite toute sorte de
marchandises, depuis les aliments les plus variés jusqu’aux
produits des quelques industries indigènes voisines. Nous
y avons vu quelques poteries, à personnages en relief,
vraiment remarquables ; rudimentaires, certes, mais dont
lo cachet d’originalité est saillant.
Dans les hautes altitudes interandines, le bois est des
plus rares, aussi les populations n’ont-elles pour tout
combustible que la fiente des troupeaux de lamas, qui est
précieusement recueillie et séchée. Ce curieux combus
tible, que l’on nomme taquia, se présente sous la forme
de boules noires de la grosseur d’une olive; la taquia
fait l’objet d’importantes transactions sur tous les marchés
de la région.
Entre Sicuani et le Cuzco, il existait un service alterné
de diligence et d’automobile ; c’est une de celles-ci qui nous