LE PÉROU ÉCONOMIQUE
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sablonneuse et déserte, la Pampa de Joya ; l’œil ne dé
couvre pas un être vivant sur ce plateau incultivable tout
parsemé de dunes bizarres en forme de croissant. Au dé
part d’Arequipa, le train recommence son ascension parmi
des montagnes encore plus abruptes, où ne croissent guère
que des cactus épineux. Le train se dirigeant vers l’Est, on
arrive à Punta de Arieros où les voyageurs descendent
pour déjeuner. Le buffet compose, avec la gare et quelques
huttes, la totalité de la ville. A Grucero Alto la ligne tra
verse la Cordillère à 4.460 mètres d’élévation ; c’est le
maximum. Dorénavant on descend constamment jusqu’à
Puno.
Ces deux voies transandines, celle du centre et celle du
sud, en attendant une troisième qui devra réunir plus tard
le port de Paita avec un port fluvial sur le Maranon, sont
destinées à prendre une grande extension, d autant plus
que le chemin de fer pan-américain qui les coupera trans
versalement, les réunira entre elles.
Le Panaméricain venant de Loja en Equateur pénétrera
sur le territoire péruvien par le rio Canchis ; il continuera
par Jaen, Gajamarca, Huaraz, Cerro de Pasco, Oroya,
Huancayo, Ayacucho, Cuzco, Juliaca et Puno et croisera
la frontière de Bolivie près de Desaguadero, de sorte
qu’il traversera tous les départements du Pérou, réunis
sant ainsi entre eux les principales villes de la région An
dine. On en conçoit donc toute l’importance pour le pays.
V. —• Le gouvernement péruvien, toujours inspiré par
le désir de réunir ses lignes ferrées avec les grandes ar
tères hydrographiques que sont les affluents de l’Ama
zone, vient de contracter un emprunt de 75.000.000 dans
le but de prolonger quelques -unes des voies ferrées actuel
lement en exploitation. Cet emprunt est garanti par la
rente produite par l’impôt sur les tabacs, qui donne