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LE PÉROU ÉCONOMIQUE
compétence dans l’exécution des transports. Il est évident
que des entreprises de ce genre, bien organisées, améliore
raient considérablement la situation et faciliteraient gran
dement les transactions.
Malheureusement, les arrieros (muletiers) ne prennent
aucun soin des bêtes qui ne sont pas leur propriété, ce
qui fait que des mules sont parfois rendues inutilisables
par des blessures qui auraient pu être évitées ou mieux
soignées. Il y aurait peut-être avantage à intéresser les
arrieros au sort de leurs bêtes, toute mule qui rentrerait
sans blessure donnerait droit à une prime.
De Tarma à la Merced, la route est relativement bonne ;
après avoir chevauché 78 kilomètres, on traverse la fertile
vallée de Chanchamayo où commence réellement la région
des forêts et où la végétation devient luxuriante. Dans
cette vallée, mise en valeur par des colons français,
italiens et espagnols, on trouve d’importantes plan
tations de canne à sucre, cacao, café, etc., toutes ces
exploitations sont pourvues de maisons confortables, de
belles raffineries, on y fait un grand commerce d’alcool. La
ville de la Merced, située dans la même vallée, doit son
existence au développement croissant et à la prospérité
du Chanchamayo. C’est le centre où s’effectuent toutes les
transactions commerciales des plantations voisines.
A 32 kilomètres de la Merced, on rencontre la ville de
San Luis de Shuaro, située au bord de la rivière du
même nom et du Paucartambo (1). Ce bourg n’a de réelle
importance que parce qu’il est le point de départ du che
min du Pichis et qu’il est entouré de nombreuses planta-
(1) Les ponts construits sur le Paucartambo ayant été détruits par une
crue, la Peruvian Corporation reconstruisit l’un d’eux sur un emplacement
différent, ce qui fait que pour le moment la voie centrale ne passe plus à
San Luis de Shuaro.