LE PÉROU ÉCONOMIQUE 161
U
consomme pas d’articles étrangers qui lui sont indifférents
quand ils ne lui sont pas inconnus.
VII. — En second lieu, la mauvaise division du sol :
il y a trop et de trop grandes propriétés, cela limite la
production, restreint la population et l’immigration ; ces
grandes propriétés restent souvent incultes, faute de capitaux
ou d’initiative : des vallées entières de plusieurs centaines
de milliers d’hectares appartiennent à une ou deux
familles. C’est ainsi qu’une seule famille est propriétaire
de la campagne aux environs d’Arequipa; trente-deux
hacendados se partagent les vallées du département de
Piura et trente-six la splendide vallée de Chicama. De
ces dernières il n’y a trop rien à dire, car elles sont en
pleine exploitation ; mais la plupart de ces grands propriétaires
de l’intérieur et de la Costa obtiendraient de grands
avantages en morcelant, pour les louer, leurs propriétés
en petits lots, ce qui doublerait la valeur de terrains qui,
pour l’instant, ne produisent rien. Ainsi opèrent les grands
propriétaires argentins qui se trouvent bien de cette méthode.
Depuis quelque temps, et devant les résultats splendides
obtenus dans l’exploitation en grand de la canne à sucre
et de ses dérivés, des différentes variétés de coton et des
rizières de la Costa, des sociétés américaines se sont substituées
à plusieurs propriétaires qui laissaient leurs terres
à peu près inexploitées; la province de Tumbes, dont
nous parlerons plus loin, offrirait encore quelques bonnes
opérations de ce genre.
— Il se dessine, à l’heure actuelle, au Pérou, un
mouvement en faveur de l’irrigation d’une grande partie
de la Costa, des projets grandioses sont à l’étude depuis
plus de trente ans. Les événements politiques en ont empêché
la réalisation. Parmi ces grands travaux dont
1 exemple a été donné par les Incas, figurait un immense