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LE PÉROU ÉCONOMIQUE
Pour brûler la pierre ils amoncellent sur la roche qu’ils
veulent creuser, du bois, des mousses, du charbon, de la
taquia (excréments d’animaux, particulièrement de llama),
suivant les régions. Ces combustibles sont allumés, et
lorsque la pierre a atteint une température assez élevée,
on verse de l’eau froide sur la surface chauffée. Les cendres
obtenues par la combustion servent à tracer les bords de
la canalisation ; l’opération est recommencée plusieurs fois.
Le granit se fendille tout d’abord, puis éclate petit à petit,
le canal s’établit graduellement sans grande main-d’œuvre,
les cendres servent d’isolateur, les bords du canal sont
très nets.
Tous les propriétaires n’ontpas eu le bonheur de trouver
des travaux à peu près faits, mais cette découverte sti
mula les initiatives, et de nouvelles haciendas s’établirent
là où il n’y avait que sécheresse ou stérilité.
A l’heure actuelle, une douzaine d’entreprises d’irriga
tion se sont organisées, une moitié de ces entreprises
particulières sont en train d’être menées à bonne fin.
En principe, tout le travail consisterait donc à capter les
eaux à l’intérieur du territoire et à les verser, par des
canaux convenables, sur les plaines voisines.
Des études récentes ont permis cependant de constater
que dans certains cas il serait beaucoup plus économique
de faire l’irrigation par des puits artésiens comme on l’a
pratiqué en Afrique et en Australie. En effet, tout le long
de la côte se développe la chaîne des Andes, hauts com
mets, pour la plupart couverts de neiges perpétuelles et
dont les rivières de la côte ne révèlent qu’une petite partie
des eaux du dégel, le reste traversant la côte par des
conduits souterrains, très peu profonds. En général, des
puits de 15 à 50 mètres de profondeur seraient large
ment suffisants pour profiter de ces eaux et entreprendre