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LE PÉROU ÉCONOMIQUE
C’est dans le Sechura que l’on rencontre des bandes
considérables d’ânes, de mulets et de chevaux. On com
prend à peine comment ils peuvent vivre et se reproduire
dans cette région. Livrés à eux-mêmes, ils mènent une
existence errante et deviennent si sauvages qu’il faut de
véritables chasses pour les capturer. Un soleil implacable
les brûle toute l’année, à peine rencontrent-ils un peu d’eau
de loin en loin, au printemps ils trouvent d’assez fins pâtu
rages (pastos); mais tout le reste de l’année, leur princi
pale alimentation consiste en une sorte de racine de ma-
nioc qu’ils trouvent facilement et détei’rent avec adresse,
et dans le fruit du caroubier; cependant malgré ces mau
vaises conditions ils croissent et se reproduisent si bien
que tous les ans on en exporte près de 12.000.
Un bon mulet vaut de 250 à 400 francs, c’est la mon
ture favorite des Péruviens dans la Sierra; la mule criolla,
(créole) péruvienne est d’apparence chétive et plus petite
que celle de l’Argentine, elle est par contre plus résistante
et moins ombrageuse, outre le mérite de son excessive
sobriété.
C’est avec les provinces équatoriennes de Lojas et de
Oro, que Piura fait le plus grand commerce de chevaux et
de mulets ; en échange ces provinces fournissent du bétail
à ce département, où celui qui existe commence à dégé
nérer. Les éleveurs de Piura ne cherchent pas à améliorer
leurs animaux, spécialement de la race bovine, en raison
des vols de troupeaux qui se produisent sur la frontière;
les propriétaires se soucient fort peu d’acheter très cher
des reproducteurs qui peuvent tomber entre les mains des
cuatreros (1).
VIII. — C’est dans les provinces équatoriennes citées
(1) Voleurs de bestiaux.