LE PÉROU ÉCONOMIQUE
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différentes sortes de luzerne, l'y chu, le crespillo excel
lents pour engraisser le bétail, plusieurs sortes de cactus,
entre autres le cajaruru et la cabeza de negro (tête de
nègre) qui rendent les mêmes services que la luzerne et
le crespillo ; mais la chair et la graisse des animaux
engraissés avec ces cactus sont peu fermes.
VI. Toutes les céréales, l’orge, le blé, l’avoine, etc.,
viennent admirablement bien dans la Sierra, mais cette
zone est par-dessus tout la patrie de prédilection des
tubercules ; on y rencontre plusieurs sortes de yuccas
(manioc), plusieurs variétés de patates et de pommes de
terre. Tous ces produits, principalement ceux qui sont
analogues à ceux de nos climats, atteignent dans la Sierra
des proportions et des qualités supérieures à celles que
nous obtenons en Europe.
La canne à sucre, le bananier, l’ananas et tous végé
taux des tropiques ne poussent que dans les vallées basses ;
nomme nous l’avons déjà dit, la canne à sucre arrive à
maturité dans ces vallées au bout de dix mois, comme
dans la Montana ; sur la Costa, cette graminée ne peut
être récoltée que de dix-huit à vingt mois. Dans la Sierra,
la canne à sucre sert presque uniquement à produire la
chancaca (mélasse) et du tafia.
Si l’on écarte un instant les richesses minières incalcu
lables que renferme le sous-sol delà Sierra (1), cette zone
apparaît surtout comme un merveilleux pays d’élevage,
et S ra nd producteur de céréales, mais elle restera tou
jours pl us pastorale qu’agricole.
^11- — L’agriculture n’a pas pris un grand développe
ment dans la Sierra, l’activité des agriculteurs étant
B^andement paralysée par la difficulté des moyens de
(1) Or, cuivre, argent, étain, fer, houille, mercure, plomb, etc , eto.