LE PEROU ECONOMIQUE
vient à 4 ou 5 centavos. Sa valeur, à New-York, a été
estimée 8 ou 9 cents, soit 16 ou 18 centavos.
Le zapupe pousse dans les terrains pierreux, mais il se
développe plus rapidement dans les sables. Il redoute
l’ombre et l’humidité du sol; on doit préférer, pour une
plantation, des terrains en pente. Les pluies tropicales et
les sécheresses ne causent aucun dommage. Le repiquage
doit se faire entre octobre et mars.
Les fortes épines terminales protègent la plante contre le
bétail; aucune clôture n’est nécessaire.
Un avantage notable du zapupe sur les autres plantes
tropicales : on récolte les feuilles toute l’année et l’on peut,
sans inconvénient, retarder une coupe de plusieurs
semaines; le planteur n’est donc pas à la merci des péons,
dont la mauvaise volonté a fait perdre tant de cannes à
sucre, de coton, de cacao et de café.
XI. — L’élevage tend à devenir de plus en plus un
facteur très important de richesse publique et privée
au Pérou. Il se développe principalement dans les dépar
tements de Puno, Ayacucho, Cajamarca, Junin et
Ancachs. Dans ces derniers départements diverses so
ciétés viennent de se constituer ; ces sociétés achètent
des haciendas exploitées jusqu’alors d’une façon empi
rique pour les transformer suivant les principes modernes.
Dans les départements cités les troupeaux de bœufs,
de vaches, de moutons, d’alpacas et de Hamas sont très
nombreux., et procurent de beaux bénéfices. Dans le dépar
tement d’Ancachs et même dans la province de Gauta,
1 élevage des chevaux est d’un excellent rapport.
Le mouton élevé sur les plateaux andins du Pérou est
petit et de forme irrégulière (1), la tonte s’en fait tous les
(1) La race bovine des plateaux andins laisse aussi à désirer : les bœufs
sont de petite taille et les vaches mauvaises laitières, ne donnent en