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LE PÉROU ÉCONOMIQUE
sociétés qui font de l’élevage méthodique obtiennent une
mortalité moins élevée en vaccinant leurs animaux.
La mortalité des agneaux s’élève jusqu’à 50 pour 100 ;
elle serait occasionnée parles gelées et les chutes de neige,
autant que par les maladies qui attaquent les jeunes
moutons.
A ces 50 pour 100, l’éleveur peut ajouter 25 pour 100
pour pertes et vols du fait des pasteurs. Il reste donc
25 pour 100 à l’avantage de l’éleveur. Malgré ces coeffi
cients élevés de pertes, l’élevage dans le département de
Junin est considéré comme lucratif. Dans les haciendas
établies sur les deux rives durio Mantaro, on table sur un
intérêt de 25 pour 100, qui, dans les plus mauvais cas,
n’est jamais inférieur à 10 pour 100.
On n’exagère rien en affirmant que l’élevage est, au
Pérou, une industrie de grand avenir. Il rapportera de
solides fortunes chaque fois qu’il sera tenté d’après des
méthodes rationnelles. Les meilleurs résultats seront,
malgré tout, obtenus dans la région nord-ouest du Pérou
où la mortalité n’excéderait guère 25 pour 100 et où les
conditions de transport seraient plus facilement assurées.
En Huancabamba, province du département de Piura, on
élève déjà une race spéciale, à toison noire longue et
soyeuse.
L’élevage des mulets, chevaux, ânes, porcs et chèvres
se fait dans de meilleures conditions sur la Costa, où ces
animaux s’alimentent de baies de caroubier, desalt-bushes,
totoras et graminées qui poussent dans les dunes.
XIV. — Les dépenses occasionnées annuellement par
l’élevage des bêtes à cornes s’élèvent à 7 fr. 50 par tête
d’animal; pour les brebis, cette dépense peut être ramenée
au tiers. Les pâtres ouuaqueros gagnent un salaire infime,
mais en compensation, ils ont le droit d’élever des aui-