Full text : Le Pérou économique

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LE  PÉROU  ÉCONOMIQUE

tible  (taquia),  il  sert  en  outre  comme  bête  de  charge.
Le  commerce  des  hauts  plateaux  du  Pérou  a  en  effet
des  allures  toutes  particulières  ;  vu  le  manque  de  voies  de
communication  et  la  longueur  des  trajets  à  parcourir,  les
transports  de  marchandises,  grains,  minéraux,  se  font  à
dos  de  mulet,  d’âne  et  de  llama  ;  ce  dernier  animal  est  le
plus  fréquemment  employé  parce  qu’il  est  très  docile  et
qu’il  trouve  partout  à  s’alimenter  sans  qu’il  en  coûte  rien
à  son  maître.
Les  meilleurs  llamas  peuvent  porter  jusqu’à  50  kilos,
mais  c’est  le  quintal  péruvien  (46  kilos)  qui  paraît  être  sa
charge  normale  ;  nous  en  avons  vu  se  coucher  et  refuser
de  marcher  parce  que  les  ballots  dont  on  les  avait  chargés
paraissaient  dépasser  ce  poids.  Le  llama  marche  lentement, ­
  on  est  surpris  de  voir  avec  quelle  lenteur,  quelle  hautaine ­
  indifférence  cheminent  ces  animaux,  qui  s’arrêtent
souvent  pour  brouter  çà  et  là  l’herbe  pauvre  de  la  montagne, ­
  Vyohu  et  à  son  défaut  la  paja  brava  (mauvaise
herbe)  qui  leur  suffit  quand  d’autres  animaux  périraient
de  faim  à  côté  de  cette  même  nourriture.  Ils  vont  à  raison
de  4  kilomètres  à  peu  près  par  heure,  et  peuvent  faire  sans
s’arrêter  des  étapes  de  20  à  22  kilomètres  par  jour  (1).
Les  mules,  au  contraire,  peuvent  faire  des  étapes  de
40  à  45  kilomètres,  avec  une  charge  par  animal  de  120  à
140  kilogrammes  (2).  Le  pouvoir  de  transport  du  llama
est  donc  six  fois  plus  faible  que  celui  de  la  mule.  Cependant ­
  si  l’on  tient  compte  du  prix  peu  élevé  de  l’animal,  de  la
(1)  Il  y  a  à  ce  sujet  un  dicton  du  pays  qui  dit  :  que  la  llama  marche
4  heures,  fait  4  lieues  (lieues  de  20  au  degré)  par  jour,  et  porte4  arrobas
(11  kgr.  1/2).
(2)  Les  négociants  européens  qui  font  des  affaires  avec  les  villes  des
hauts  plateaux  péruviens,  ne  devraient  pas  oublier  qu’en  vue  du  transport  à
dos  de  mule  ou  de  llama,  les  ballots  et  les  caisses  qu’ils  expédient  ne
doivent  pas  dépasser65  kilos  ou  28  kilos,  chaque  animal,  mule  ou  llama,
portant  deux  de  ces  caisses.
            
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