LE PÉROU ÉCONOMIQUE
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circonstances malheureuses, le gouvernement actuel fait
les plus louables efforts pour amener, à grands frais,
jusqu’à un port fluvial de la Montana, les deux chemins de
fer, Callao, la Oroya, Gerro de Pasco et Huancayo, et
celui de Mollendo, Arequipa, Sicuani, Guzco. Le premier
constitue la voie dite, Via centrale del Peru, qui se conti
nue actuellement par une route dite carrossable jusqu’à
Puerto-Bermudez, sur le Pichis ; le deuxième forme la voie
transversale sud qui, de Guzco, doit se poursuivre jusqu’à
Bolognesi ou tel autre port sur l’Uurubamba, ou à Sihua-
niro. Dans le chapitre sur les voies et communications,
nous avons déjà parlé de ces routes, nous nous bor
nerons à ajouter quelques commentaires.
Outre les deux voies déjà citées, le gouvernement, solli
cité avec insistance, semble disposé à porter son effort sur
une troisième ligne, la voie du nord, qui partirait de
Paita sur la côte pour aboutir à un point navigable du
Maranon (1). Malgré l’intérêt réel que présente cette voie,
nous estimons que le gouvernement péruvien renouvelle
rait, en l’entreprenant, l’erreur grave commise par le zélé et
patriote président Balta qui, dans un but louable, dispersa
les efforts de l’État en éparpillant, sur plusieurs points du
(t) La voie du nord part actuellement de Pacasmayo pour aboutir à
Yurimaguas, port sur le Huallaga. Pour se rendre de l’un à l’autre de ces
deux points, on prend la ligne ferrée qui mène de Pacasmayo à Yonan, à
35 kilomètres de Cajamarca; de ce point à Chachapoyas il y a 275 kilo ■
mètres; de ce centre jusqu’à Moyobamba dans le département de Loreto,
h y a encore 260 kilomètres à franchir par des sentiers muletiers ; de
Moyobamba à Balsapuerto, 65 kilomètres ; il reste alors à peine 125 kilo-
niètres en canot sur les rios Cachiyaco et Paranapura pour atteindre
Yuriiqaguas qui se trouve à 3 kilomètres de l'embouchure du Paranapura;
Jusqu’au Maranon, comme la rivière fait de nombreux circuits, il y a
205 kilomètres. De l’embouchure du Huallaga et du Maranon à Iquitos, il
y a 586 kilomètres ; d’iquitos à Tabatinga, frontière du Brésil, 542 kilo
mètres et enfin de Tabatinga au Para, 5.434 kilomètres. Cette voie est sur
tout longue et pénible jusqu’au Huallagua.