LE PÉROU ÉCONOMIQUE
241
on rencontre fréquemment de cinquante à soixante espèces
distinctes d’arbres, sans compter un grand nombre d’ar
bustes et de lianes. Sans entrer dans une énumération aride,
è il nous semble indispensable de signaler, parmi les pro
ductions naturelles de la Montana, celles dont l’exploita
tion pourrait être avantageuse, ou celles dont il est utile de
connaître l’existence. Au premier rang de ces produits, il
faut placer le caoutchouc, « l’or noir », comme on le nomme
aujourd’hui, le quinquina et la coca ; de ceux-ci, nous en
parlerons un peu plus loin.
II. — Les bois d’ébénisterie sont tellement nombreux
qu’il faudrait un volume pour les énumérer tous. On
compte déjà plus de deux cents espèces de bois de fer, par
exemple Vitauba, si épais et si dur qu’il résiste au feu et
qu’il ne flotte pas sur l’eau. Ce bois, qui a presque la
résistance du fer, est surtout employé par les indigènes
pour la construction de leurs canots.
L’acajou, le bois de rose, le palo santo, le cèdre, le palis
sandre se rencontrent partout; il existe une variété de
Palissandre appelé palo de la cruz, ou bois de la croix,
qui est fort recherchée au Pérou et dans les républiques
voisines, par suite d’une croyance populaire. Ce bois, des
plus singuliers, ale cœur noir, et le reste d’un blanc jaune
parsemé de taches noires. D’après la légende, ces larmes
seraient les propres larmes du Christ tombées autrefois
sur un des ancêtres de cet arbre qui se serait perpétué.
Dans les classes populaires et cultivées même, on attri
bue au palo de la cruz des vertus merveilleuses; celui
qui possède une canne de ce bienheureux bois est assuré
d une félicité éternelle dans l’autre monde. Aussi, on peut
croire que ces cannes sont des plus recherchées. Le pucheri
est une essence aromatique comme le santal des Indes ; il
possède la propriété d’écarter les fourmis, poux de bois,
16