LE PÉROU ÉCONOMIQUE
267
le bénéfice sur chaque seringueiro employé peut être évalué
à 1.500 francs au bas mot.
XIX. — Dans la partie de la Montana proche du dépar
tement de Cuzco, zone où abondent les arbres à caout
chouc, que les caucheros saignent à fond en les abattant,
la récolte peut s’élever à 1.000 ou 1.200 kilos par homme
s’il est actif. Quelques sociétés établies sur l’Inambari et
1 Urubamba engagent des travailleurs de Huanuco qui,
habitués à un salaire de 2 fr. 50 par jour avec la nourri
ture, deviennent d’excellents caucheros lorsqu’ils s’aper
çoivent qu’après leur campagne de six mois, il leur reste
un bénéfice dépassant souvent 2.000 francs, leurs avances
une fois réglées. Mais comme pour leurs collègues des
régions basses, cette somme est rapidement gaspillée en
pétards, boisson et folies de toutes sortes.
XX. — L’exportation de la majeure partie du caoutchouc
du Pérou se fait par le port d’Iquitos sur l’Amazone, où
un grand nombre de maisons européennes s’occupent
presque exclusivement de ce commerce. Ce port est d’ail
leurs très avantagé, car les droits d’exportation ne sont
que de 0 fr. 50 et 0 fr. 70 par kilo de caoutchouc fin ou de
Sernamby, quand au Brésil ces droits sont de 24 p. 100
ad valorem soit 0 fr. 85 par kilo de fine Para ou de
Sernamby et en Bolivie 0 fr. 40 et 0 fr. 50. Il s’exporte à
1 heure actuelle, par le port d’Iquitos, 2.200.000 kilos de
caoutchouc de différentes qualités par an.
Une partie du caoutchouc provenant de l’Urubamba et
du haut Madré de Dios, ainsi que du Tambopata, est
dirigée chaque année sur le port de Mollendo, où le
mouvement d’exportation des gommes ne dépasse guère
60.000 kilos, car jusqu’à présent la presque totalité du
caoutchouc produit par ces régions a été exportée, par
la voie du Béni et du Madeira, à travers une route des