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LE PÉROU ÉCONOMIQUE
La grande majorité des colons ont leurs habitations
disséminées dans le centre même de leurs cultures ; ces
habitations sont spacieuses, bien construites, en bois,
surélevées sur pilotis, avec un escalier d’accès qui rap
pellerait les chalets suisses, sans la végétation exu
bérante et les magnifiques orangers qui les protègent
contre les ardeurs d’un soleil tropical. A l’intérieur,
règne une scrupuleuse propreté ; dehors, attachées à une
mangeoire construite à l’européenne, des vaches donnent
le lait qui, avec la yucca, (manioc) et les bananes, forme
l’alimentation trop végétale des colons. La colonie pos
sède une gentille église, un presbytère et une école en
pierres taillées ; les colons ont conservé, avec la langue,
les coutumes patriarcales et les vertus domestiques qui
sont une des qualités de la race allemande.
La colonie de Oxapampa est une branche de la colonie
du Pozuzo. En 1891, un certain nombre de colons aban
donnèrent leurs chacras en pleine production pour aller
s’établir à Oxapampa (1) où ils réussirent très bien. Ce
point offrait un terrain fertile et riant, et un climat beau
coup plus sain et agréable que celui du Pozuzo ; les colons
supportèrent courageusement les difficultés et les peines
des premiers mois et, aujourd’hui, lé succès a couronné
leurs efforts. Ces colons sont robustes et laborieux, à
l’esprit entreprenant et persévérant, simples et francs ; on
pourrait cependant leur reprocher de n’avoir pas entre
eux l’harmonie et l’union qui permet la réussite de grandes
entreprises ; on peut en dire autant des colons de Chan-
chamayo. Il faut aussi signaler une antipathie ou plutôt
une certaine animosité existant entre les fils du pays
blancs ou métis, et les colons; les Péruviens ignorants de
(1) Cette colonie s’est formée, sans l’appui du gouvernement, avec ses
propres ressources.