LE PÉROU ÉCONOMIQUE
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sants des Cordillères (fronterizos), chaque habitant, qu’il
soit blanc ou métis, étranger ou Péruvien, possède, en
plus de son habitation dans le village, un défrichement
qu’il nomme sa chacra (chacara), pseudo-maison de cam
pagne, d’où il tire tout ce qui est nécessaire à son exis
tence. Dans ce défrichement qu’il augmente sans cesse s’il
est actif, le fronterizo cultive le bananier, l’arbuste à
coca, le caféier, etc. Sur l’espace gagné peu à peu sur la
forêt, il plante à la houe ou avec un bout de bois des
fruits ou des légumes qui viennent à maturité en trois
mois, la canne à sucre en neuf ou dix mois, deux fois plus
vite que sur la Costa, le bananier en dix mois, qui, ainsi que
la patate, repousse de lui-même sans nécessiter d’autres
soins que de le débarrasser de temps-en temps des herbes
ou plantes parasites ; presque tous les autres produits
donnent deux et trois récoltes par an. Cette fertilité pro
digieuse du sol est la raison de l’attraction qu’opère cette
région sur les habitants de la Sierra et sur ceux des fron
tières; malgré les communications difficiles, là ils sont
assurés d’avoir toujours, sans grand travail, la vie large
et facile.
De ce fait, que nous signalons toutes les difficultés
avec lesquelles aura à lutter le colon dans la Montana, il
ue s’ensuit pas que nous déconseillions de tenter l’exploi
tation de ces régions, bien au contraire, car nous estimons
<fue la voie ferrée, qui peu à peu s’avance de la côte,
atteindra tôt ou tard ces riches contrées, et qu’en outre le
problème de la navigation fluviale sera prochainement
résolu d’une façon siitisfaisante. Il est donc du plus grand
intérêt pour tous les capitalistes ou sociétés que séduiraient
les ressources innombrables de la Montana, de s’assurer
d ores et déjà des concessions, dans les territoires situés à
proximité de la « voie centrale » ou sur les fleuves navi