LE PÉROU ÉCONOMIQUE
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qu’ils sont rebelles à toute civilisation. Les Quechuas et
les métis des frontières donnent le nom de chunchos à
toutes les tribus sauvages; ce nom, qui signifie homme des
forêts ou homme sauvage, ne saurait être appliqué spé
cialement à aucun groupe ; c’est surtout dans le bassin du
Santa Ana et la province de Carabaya que ce vocable est
usité.
Les peuplades d’indiens sont nombreuses dans le dé
partement de Loreto, mais ils vivent en fractions peuimpor-
tantes ; plusieurs d’entre elles servent d’intermédiaires pour
le commerce entre le Pérou et le Brésil. Parmi les tribus
habitant sur les bords du Maranon, du Huallaga et leurs
affluents figurent les Cocamas, les Cholones, les Yuri-
maguas, les Omaguas, les Pebos, les Iquitos, les Ore-
jones ainsi nommés en raison de leurs oreilles qu’ils
allongent démesurément, les Mayorunas, les Tiamas, etc.
D’après Raimondi, les tribus du bassin de l’Ucayali
sont les Campas ou Antis, les Piros, les Amahuacas et
Amueshes, proches parents des Campas, les Remos, les
Conibos, les Setebos, les Shibibos, les Chontaquiros, les
Cashibos et les Panos, qui parlent tous un idiome de la
même famille. Les Iquichanos vivent absolument indé
pendants, dans les forêts orientales du département d’Aya-
cucho.
Sur les fleuves Sepa et Sepahua, on trouve les Ama
huacas dont des fractions remontent jusqu’au Pérénéet les
rivières avoisinantes; plus à l’est les Impetinellis; sur le
Tambo, les Uninis. Sur le Pachitea et ses affluents on
rencontre de nombreux groupes de Cashibos (1).
(1) Ces Indiens et beaucoup d’autres sont considérés comme anthropo
phages; cette opinion, qui nous paraît inexacte, aurait son origine
ans la coutume gu'ont presque toutes les tribus du bassin de l’Amazone,
e découper en petits morceaux le corps des ennemis tués à la guerre,
bacun des guerriers recevait un de ces morceaux et le mangeait, non