LE PÉROU ÉCONOMIQUE
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en ont au contraire plusieurs, dont ils augmentent le
nombre à mesure qu’ils vieillissent ; ils traitent les mal
heureuses avec le plus grand despotisme, ils les renvoient
ou bien ils en font cadeau à leurs amis lorsqu’ils en sont
fatigués. Ils prennent indistinctement pour femmes leurs
parentes les plus proches. En échange, ils aiment beau
coup leurs enfants et les élèvent dans la plus grande
liberté. Chez ces Indiens, il n’y a pas de cérémonie fixée
pour le mariage, non plus que pour les funérailles.
Ils sont d’adroits pagayeurs et manœuvrent également
les petits radeaux et canots qu’ils emploient dans les ri
vières. Ils varient beaucoup dans la construction de leurs
habitations; les unes sont grandes et spacieuses, les
autres étroites et incommodes, ce n’est le plus souvent
qu’un toit suspendu par des piliers, pourvu d’un clayonnage
en guise de parois.
Leur lit est une natte de palmier étendue sur le sol au
tour d’un foyer qu’ils ont toujours soin de tenir allumé
toute la nuit et auprès duquel ils se rôtissent la plante des
pieds, car ils ne dorment sous leurs cases que lorsqu’il
pleut. Quand un Indien Campa meurt, il est enterré dans
sa case même, ou bien le cadavre est jeté à l’eau.
Les Campas sont généralement d’une méfiance exagérée,
e t quoique cette méfiance les pousse parfois jusqu’à la
trahison, ces indigènes ne sont pas les Indiens féroces
9 u e l’on représente volontiers, il suffit de les bien traiter
pour être bien reçu par eux et en obtenir tous les services
dont ils sont capables. Les crimes dont parfois ils se sont
rendus coupables leur sont le plus souvent suggérés par
des civilisés des villages frontières. Ces indigènes ont une
grande déférence pour les blancs ainsi que pour les civi
lisés; plus laborieux que tous les autres Indiens, ils pour
raient rendre des services aux colons et dans les entreprises
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