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LE PÉROU ÉCONOMIQUE
forestières, si on les traitait avec bienveillance, mais en
leur laissant toutefois une certaine liberté.
La réputation de férocité de la plupart des Indiens de la
Montana est très surfaite, le plus souvent cette humeur
farouche a été occasionnée par les exactions et les cruau
tés dont ces Indiens ont été les victimes dans le présent ou
dans le passé, cruautés dont ils gardent le souvenir et dont
ils attribuent la responsabilité à tous les civilisés sans
distinction.
XIII. — C’est ainsi que sur la rive gauche du Putu-
mayo (1) vivent diverses tribus sauvages représentant
40.000 individus environ, qualifiés comme de juste d’an
thropophages, qui sont en réalité les Indiens les plus
paisibles et les plus dociles que l’on puisse voir ; ils
recherchent la société des civilisés. Sans doute, vu l’éloi
gnement, n’ont-ils pas encore eu affaire à un trop grand
nombre de blancs, ce qui aurait pu changer leur caractère.
Les cruautés révoltantes, que nous signalions déjà
en 1908, dont les indigènes de Putumaya étaient l’objet
de la part des agents de certaines compagnies, ont sou
levé en mai 1912 de violentes protestations. Cependant
la société Larranaga, Arana et C ie a par de bons traite
ments conquis l’amitié de cinq tribus importantes, subdi
visées en 170 groupements parlant différents dialectes; ce
sont les tribus des Huitoto, des Borax, des Momamos,
des Andoques et des Névajes. Les groupements soumis
par la Compagnie Larranaga sont au nombre de 18, ayant
à leur tête chacun un chef nommé capitan ; ces capitaines
sont dirigés par trois ou quatre jeunes gens, employés de
la société commerciale, qui surveillent le travail de leurs
sections occupées à l’extraction du caoutchouc. Chaque
(1) Territoire contesté entre le Pérou et la Colombie, litige actuellement
soumis à l’arbitrage.