Full text: Le Pérou économique

LE PÉROU ÉCONOMIQUE 
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pour les Campas, et sur sa tombe on brûle tous ses vête 
ments et objets combustibles, ou jette ses armes et ses 
outils à la rivière et on tue ses animaux préférés. Rien de 
ce qui appartenait au défunt ne doit subsister. Comme les 
Campas ces Indiens sont des plus superstitieux, ils ont 
en outre, parmi les autres tribus, la réputation d’être 
sorciers, aussi sont-ils craints de toutes parts, et partout 
on les comble de cadeaux et d’attentions. Leurs sorciers 
se nomment cajonchis et ils n’arrivent à cet emploi re 
cherché qu’après s’être soumis à un certain nombre 
d’épreuves pénibles, consistant le plus souvent en une 
retraite plus ou moins prolongée dans les parties les plus 
sombres de la forêt, livrés aux jeûnes et évoquant le ter 
rible Saminchi, le dieu du mal ; Huaycali, le dieu du bien, 
û’a pas besoin d’être prié puisqu’on ne le craint pas. 
Après leurs épreuves, les cajonchis sortent de la forêt, 
réduits à l’état de squelette, ils reçoivent les hommages 
de tous et peuvent s’adonner à la médecine qui consiste 
pour eux à se livrer à d’extravagantes cérémonies. Ces 
sorciers n’oublient pas de se faire bien payer. 
Si les Piros ont quelques qualités, celles-ci sont contre 
balancées par trois graves défauts : ils sont tout d’abord 
très paresseux ; extrêmement inconstants et versatiles, ne 
Se fixant nulle part d’une manière stable, c’est pourquoi 
leurs défrichements et leurs cases sont faits très à la 
légère ; enfin, sauf quelques exceptions, ils ne se montrent 
Pas très sérieux en affaires, d’assez mauvaise foi et aimant 
tricher et frauder toutes les fois qu’il leur est possible. 
Oa observe chez ces Indiens une affection curieuse de la 
P e au, le « overo » qui se manifeste par des taches ver 
dâtres et blanches sur tout le corps ; ils emploient les 
décoctions de tabac comme moyen curatif. 
XV. — On trouve des groupes d’indiens Sipibos et
	        
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