Full text: Le Pérou économique

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LE PÉROU ÉCONOMIQUE 
Des Sipibos ont gardé certaines pratiques chrétiennes, 
auxquelles d’ailleurs ils n’attachent pas grande significa 
tion, et une connaissance tout aussi rudimentaire de la 
langue espagnole. Ces Sipibos sont connus des colons, et 
ils portent des prénoms de civilisés : Santiago (Jacques), 
Genaro (Janvier), Catalina (Catherine), etc. Dans tous 
les autres cas, Sipibos et Conibos donnent à leurs fils, 
dans leur dialecte, le nom d’un animal quelconque. 
Ces Indiens ne célèbrent que très peu de cérémonies. 
L’enterrement d’un Sipibo décédé après maladie a lieu 
sans appareil spécial. Cependant une cérémonie se déroule 
sous forme de banquets de funérailles, à chaque retour 
d’une expédition, lorsqu’il y a eu des morts tués à l’en 
nemi. Ce banquet est destiné a apaiser les âmes des 
morts, qui sans cela viendraient harceler les vivants. 
Pour procéder à cette cérémonie à laquelle ils s’efforcent 
de donner une solennité extraordinaire, on commence une 
semaine à l’avance à préparer avec du manioc une grande 
quantité de masato (1). Les hommes se dispersent afin 
de réunir le plus de gibier et de poisson possible. Les 
invités une fois réunis, commence une série de beuveries 
et de repas orgiaques qui ne prennent fin qu’avec les pro 
visions. 
Pendant les beuveries, des querelles s’élèvent parmi les 
hommes, des combats singuliers à coups de macana s’en 
suivent ; c’est l’occasion d’éprouver la résistance des 
crânes aplatis. Lorsque les vivres et le masato sont 
épuisés, tout le monde se disperse. 
XVI. — Pendant les mois de juillet, août et septembre, 
les Conibos et les Sipibos partent en expédition ou corre- 
(1) Boisson fermentée, sorte de chicha, faite avec du maïs ou du ma 
nioc pilé.
	        
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