LE PÉROU ÉCONOMIQUE
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ils ont la mandibule inférieure très développée, ce qui
donne à leur physionomie une apparence bestiale. Les
enfants sont très intelligents et précoces, mais leur déve
loppement intellectuel s’arrête vers quatorze ou quinze
ans. Leur vêtement se compose de la cushma que nous
avons déjà décrite. Ils portent aussi aux poignets des
bracelets d’un tissu de fil ; leur ornement préféré est une
bande formée de rangées de graines généralement blanches
et noires, rarement rouges, formant un dessin régulier
alternant avec les couleurs, auxquelles ils ajoutent des
ailes d’oiseaux, des queues de singes, des têtes d’oiseaux
desséchées, des petits oiseaux, etc., etc. Leur ornement
caractéristique est le nadzeri, couronne de fibres de pal
mier formant une monture blanche de cinq à six centi
mètres de hauteur. Dans la partie occipitale, trois plumes
de couleur voyante sont disposées symétriquement : celle
du centre, la plus grande, reste droite, les deux autres,
placées obliquement, forment comme une fleur de lys.
Les armes des Amueshes sont les mêmes que celles des
autres Indiens déjà décrits ; cependant, il ne semble pas
que leurs flèches soient empoisonnées. Ces indigènes ont
un amour effréné pour les armes à feu, quoiqu’ils les
accusent, non sans raison, d’effrayer le gibier par leur
bruit. Beaucoup possèdent un fusil. Pour en obtenir un de
u’importe quel modèle pour primitif qu’il soit, de la poudre
et des munitions, ils sont capables de tout, même de faire
un travail continu. Comme tous les indigènes de la Mon
tana, les Amueshes vivent de chasse et de pêche; ils pêchent
le poisson et l’empoisonnent aussi avec le « barbasco »,
racine qu’ils pilent et jettent à l’eau. Leur façon de chasser
consiste à suivre les traces de l’animal et à tirer de très
près lorsqu’ils s’en sont approchés sans le moindre bruit, et
en imitant ses cris. Leur habileté à l’arc est grande.